The Berlin leaks

14 avril 2017 à 18:00

Que serait une édition de Séries Mania sans un peu d’espionnage ? En projection aujourd’hui (ainsi que vendredi prochain, tout n’est donc pas perdu si vous êtes à la bourre !), Berlin Station nous emmène dans les bureaux de la CIA, pour mêler aux standards du genre des questions d’actualité. Il s’agit de l’une des deux premières séries originales de la chaîne EPIX (l’autre étant la dramédie politique Graves dont je vous parlais il y a quelques mois), et elle est déjà assurée de revenir pour une deuxième saison ; pour l’heure, attardons-nous seulement sur le premier épisode.

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Les leaks récents font trembler l’institution qu’est la CIA : un certain Thomas Shaw révèle les secrets de l’organisation du renseignement, et met ainsi en danger non seulement certaines de ses activités, mais de façon plus large, toute sa fiabilité aussi. Il faut absolument découvrir comment procède Thomas Shaw, et c’est l’agent Daniel Miller qui semble le mieux placé puisqu’il semble avoir compris comment les informations passent du lanceur d’alerte à la presse. Grâce à ce lien, il a une chance de remonter la piste de la fuite…

Très franchement, je n’ai pas eu l’impression que la capacité de Berlin Station a employer des sujets d’actualité jouait énormément en sa faveur. Dans ce premier épisode, on retrouve absolument tous les clichés sur le travail d’espion (avec, certes, une légère mise en avant des rapports avec les informateurs) sans que la série ne construise quelque chose d’unique sur ces ressorts. Miller va ainsi espionner des conversations, décoder des messages secrets, récupérer des messages cachés, ou encore mentir à des cibles, pour faire progresser son enquête… sans que ni lui, ni la série, ne racontent quoi que ce soit à partir de là.
C’est d’autant plus problématique, et je crois que mes difficultés avec Berlin Station viennent en grande partie de là, que la série refuse de nous dire en quoi ces leaks sont un sujet de préoccupation… non pas pour la CIA, parce que ça c’est assez clair, mais pour le spectateur ! Vu ce le contenu de ces révélations, qui montrent une ingérence à la limite du criminel, on aurait plutôt tendance à accueillir assez froidement les efforts pour stopper Thomas Shaw. J’aurais aimé que le premier épisode de Berlin Station reconnaisse que la question se pose, et peut-être que ce sera le cas plus tard même si quasiment rien ne le laisse espérer (mon 1% d’espoir repose sur la révélation/le twist de fin d’épisode), mais j’admets aussi que ma réaction est celle d’une spectatrice non-américaine.
Berlin Station n’est pas mauvaise, mais l’absence d’explicitation de son point de vue sur certaines questions comme celle-ci, pourtant au cœur de l’intrigue, donne à penser que la série va être assez superficielle sur ce type d’aspects.

Fort heureusement, pour ce qui est des aspects dramatiques ayant trait aux personnages eux-mêmes, la série se montre un peu plus riche… mais un peu seulement : les personnages se montrent tous, pour le moment, plutôt prévisibles. Daniel Miller est même totalement transparent ! Que la question se pose de leur devenir au fil des leaks n’est pas inintéressante, toutefois, quand bien même à ce stade je peine à m’y engager émotionnellement.
La véritable particularité de Berlin Station pourrait peut-être se loger ailleurs, cependant : c’est la série d’espionnage la plus queer qu’il m’ait été permis de voir à égalité avec London Spy, pas moins de trois personnages étant gay (dont deux en relation ensemble). Reste à voir si cela donnera à la série l’opportunité d’aborder les thèmes typiques de la série d’espionnage sous un angle nouveau, ou si ces personnages ne sont là qu’à titre accessoire.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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