I BELIEVE

18 avril 2017 à 18:00

Il y avait deux séances de séries américaines auxquelles j’étais sûre dés le départ de vouloir assister, pendant cette 8e édition de Séries Mania : Legion (bien que je ne sois pas prête du tout à la reviewer ; je pense attendre d’avoir vu toute la saison pour en causer) et American Gods. Les autres séries étasuniennes, c’était plus facultatif, mais celles-là, j’aurais été capable de choses atroces pour y assister sur grand écran, suspectant fortement que vu leur univers visuel, ça devait donner.
Je suis sortie d’American Gods voilà quelques heures et je viens vous confirmer que, ouais, ça déchire méchamment.

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Et en même temps, c’est une série de Bryan Fuller, j’ai envie de dire : la claque visuelle est forcément présente. Mais quand bien même on s’y attend, on n’y est jamais totalement préparé.
American Gods commence par un générique démentiel à base de néons et de symboles mêlés, une expérience religieuse à elle seule. A côté de ça, une grande partie de l’épisode est finalement beaucoup plus sobre, jouant tant sur des teintes neutres qu’elle semble parfois être en noir et blanc (certaines séquences en prison, de par les nuances des décors et le contraste avec la seule couleur présente, celle de la peau de Ricky Whittle, m’ont évoqué l’esthétisme de Sin City). Cela ne donne que plus d’impact aux scènes oniriques, bourrées d’effets spéciaux, qui interviennent ponctuellement. Conçues comme des respirations dans un univers assez étouffant dans son absence de couleurs, elles envoient le spectateur dans des trips hallucinants (et/ou hallucinés) et l’invitent à se laisser désorienter.

Il semble paradoxal de parler d’image quand c’est le nom de Bryan Fuller, un scénariste donc, qui m’a attirée à American Gods. Pour ma défense, le Fullerverse se caractérise aussi par la maîtrise par son auteur des composantes visuelles d’une série, et le showrunner parvient en outre à systématiquement s’entourer de talents lui permettant de pousser sa vision à l’extrême. Une vision que l’on reconnaît entre mille, d’autant qu’American Gods doit plus à Hannibal qu’à aucune autre série de Fuller. Toutefois, American Gods n’est pas un simple clip video, qui serait esthétique mais creux, ou en tous cas superficiellement attaché à raconter une histoire.
Au contraire, American Gods commence sous la forme d’une introduction extrêmement forte à son thème central, celui de la foi. Avec une voix off qui n’est pas sans rappeler celle de Jim Dale dans Pushing Daisies, l’épisode nous propose de considérer le rôle des divinités dans les actions des hommes, leur rapport à la fois fusionnel et teinté de crainte, peut-être même mutuelle. En tous cas, cette relation de co-dépendance interroge nos limites : qu’êtes-vous prêt à faire pour votre Dieu ? Que fera votre Dieu pour vous ?

Peut-être parce que j’ai jeté un œil au roman (que je n’ai pas fini pour ne pas être « spoilée » sur la série, vous connaissez les mécanismes de ma logique boiteuse depuis le temps !), j’ai apprécié que la suite de l’épisode face une place large non seulement à Shadow Moon et Mr. Wednesday, mais aussi à d’autres entités introduites ici avec brio. Dans ce mélange de foisonnement visuel jamais gratuit et de thématiques évocatrices, American Gods commence lentement à expliquer les règles de son univers, à défaut de nous en dire plus sur ce vers quoi il se dirige. Le premier épisode d’American Gods, avec ses séquences ahurissantes de beauté et/ou de violence (la plupart du temps les deux), manque de nous dire vraiment quelle est son intrigue, préférant l’allusif à l’explicite. Cela en gênera peut-être certains, mais avec d’une part les acquis des chapitres que j’avais lus, et d’autre part ma fascination pour les trouvailles visuelles pleines de symbolisme et de sous-entendus, je me suis régalée. Dans le fond je ne suis même pas certaine qu’American Gods ait besoin d’une histoire solide, d’un objectif, d’un fil rouge ; je suis juste heureuse qu’elle en ait un et qu’elle prenne son temps pour le dévoiler, un trip à l’acide à la fois.

Belle, incroyablement belle, et violente, terriblement violente, American Gods est une plongée dans un univers cruel et pourtant, déjà un peu poétique, dans le fond. Quant à ce qui arrivera à Shadow Moon dans ses aventures aux côtés de Mr. Wednesday, on a tout le temps du monde de faire le chemin à leurs côtés. On a tout le temps de savoir précisément de quoi sont faits les cauchemars de nos Dieux.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

2 commentaires

  1. Mila ♥ dit :

    J’ai quasiment terminé le roman, et j’ai super hâte de commencer la série ! Mais je veux attendre d’avoir vraiment fini le livre alors à la place, en attendant, je suis venue te relire sur la question, et……………………. ça m’aide pas, haha. J’ai encore plus hâte, zut.

  2. Mila ♥ dit :

    J’ai commencé la série 😀 Pour le moment, je suis à l’épisode 3, donc encore dans la collab Fuller/Green/David Slade, et yep, même si je n’avais pas été au courant, j’aurais tout de suite fait le lien avec Hannibal, parce que la parenté est évidente. Tu t’en doutes, ça me parle ! A vrai dire, j’ai commencé la série y a quelques jours, alors que j’étais complètement crevée, et en voyant la première scène, j’ai tout de suite fait pause, parce que cette scène d’ouverture était tellement bonne que je me suis dit qu’il fallait que j’attende que mes yeux fonctionnent mieux pour lancer la série et en profiter comme il faut. Ce que je fais à présent. Ca me fait de la peine de savoir que la série va certainement se casser la gueule, et que je ne regarderai sans doute pas la saison 3 (la news sur Orlando Jones m’a beaucoup refroidie, par principe, puis parce qu’il m’a happée à la seconde où il est apparu et que je ne veux pas en être privée ! en plus, c’est un de mes persos favoris du livre) mais bon.. pour le moment, j’aime énormément cette saison 1 ♥

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