Génétique de la sociopathie

20 avril 2017 à 15:00

Sam a toutes les apparences d’un adolescent parfait, au moins aux yeux de sa mère : il a bon caractère, il est serviable, il est affectueux avec elle, il consacre du temps à accompagner des personnes âgées à l’hôpital, bref, elle a vraiment réussi quelque chose avec lui. Ce qu’elle ignore, mais que le spectateur de Born to Kill va rapidement comprendre, c’est qu’elle a vraiment réussi à élever un petit sociopathe capable de feindre tout cela. Sam, en réalité, est ce qui s’approche le plus d’un monstre… et cela ne va faire qu’empirer.

Born to Kill est une mini-série en 4 épisodes que j’ai vue hier à Séries Mania, mais que je ne recommande pas aux parents : ils risquent d’avoir du mal à regarder leurs enfants dans les yeux en sortant de son visionnage.

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Sam est en effet fasciné par la mort, en particulier si elle n’est pas naturelle. A côté de ça, sa normalité affichée est totalement factice : l’adolescent s’entraîne assidûment à répéter des histoires inventées pour qu’elles paraissent non seulement vraies, mais surtout sincères. Ce talent pour la manipulation de la perception des autres se manifeste en particulier à propos de son père, qui n’est plus dans sa vie depuis ses 4 ans, et à propos duquel il aime bien raconter une histoire terrible qui n’est pas du tout celle que lui a racontée sa mère. La vérité c’est d’ailleurs que les circonstances de la mort du père de Sam sont elles-mêmes une fiction inventée par la mère de l’adolescent pour ne pas avoir à lui dire que celui-ci pourrit en prison depuis une quinzaine d’années…

Born to Kill pose très clairement deux questions. D’abord, comment distinguer le comportement d’un adolescent normal de celui d’un adolescent potentiellement dangereux ? Je laisse les parents qui me lisent frissonner à cette idée, qui évidemment me concerne peu. Ensuite, la sociopathie est-elle héréditaire ? C’est clairement un problème qui va prendre de l’ampleur dans la série alors que l’on découvre ce qui a conduit le père de Sam en prison. Le début de réponse de Born to Kill à cette seconde question semble pourtant faire pencher la balance plutôt dans un sens que dans l’autre…
Et puis, à un moment, Born to Kill va pousser le spectateur à s’inquiéter : jusqu’où faudra-t-il que Sam aille pour que quelqu’un, n’importe qui, comprenne ce qui se trame ? Pour le moment, sa mère est la seule à s’inquiéter, mais certainement pas au point d’imaginer qu’il puisse commettre le pire, et surtout maquiller ses agissements avec tout le naturel du monde. Vu qu’il a très peu d’amis par ailleurs (et qu’il a une capacité hors du commun à passer pour le plus doux des agneaux), les chances que son comportement soit repéré ? Quelqu’un est-il en mesure de diagnostiquer Sam avant qu’il ne passe à l’âge adulte ?

Je n’aimerais vraiment pas être un parent qui regarde Born to Kill.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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