Lame de fond

27 octobre 2019 à 19:43

Tipeee

C’est le début de la saison estivale à Brizan, et pour ouvrir la saison touristique, un événement sportif est organisé sur la plage, en présence de Madame la Maire. Dix surfeurs ont été sélectionnés pour affronter la première vague de l’été. Ils s’aventurent sur leur planche malgré la présence d’un étrange nuage qui quelques minutes plus tard, va les faire disparaître… Cinq heures plus tard, alors que la population de Brizan est en panique et que les secours ne savent plus quoi faire, nos surfeurs réapparaissent. Que s’est-il passé ?
Chaque nouvelle série française démarre avec un défi impossible. C’est intenable et avec La Dernière Vague, qui a démarré cette semaine sur France2, on a une fois de plus un exemple d’une série qui pas plus qu’une autre n’a pu relever ce challenge. Et en même temps… je n’arrive pas à déterminer dans quelle mesure elle a vraiment essayé.

La Dernière Vague, c’est une plutôt bonne idée, et effectivement des séries fantastiques diffusées en primetime sur le service public, j’admets que ça ne court pas les rues. Mais après ?
Eh bien, après, on tombe dans tous les écueils habituels. Comme si avoir une bonne idée suffisait à sauver une série. Sauf qu’une bonne idée en télévision, c’est même pas 1% de l’essentiel ! Ideas are a dime a dozen. Des bonnes idées tout le monde en a, alors c’est dans l’exécution, dans le ton, dans l’écriture, dans la réalisation, dans l’interprétation, dans les effets spéciaux aussi, que la qualité d’une série se joue.

A ce stade, même si vous n’avez pas (encore) jeté un œil à La Dernière Vague, vous avez compris que ce sont exactement là tous les domaines dans lesquels la série laisse à désirer. Le travail d’exposition, et en particulier d’ambiance, de ce premier épisode est totalement gâché par tous ces défauts. Je ne dirais pas qu’il n’y a rien qui va, mais les choses qui marchent sont d’une part en sous-effectif, et d’autre part, pas du tout mises en valeur.
Les erreurs de La Dernière Vague se manifestent de bien des façons. Ça passe aussi bien par les acteurs qui se mettent immédiatement à hurler (je me propose pour me rendre sur tous les tournages de séries françaises et glisser du Xanax dans le café), effaçant totalement ceux qui sont capables de s’exprimer de manière plus subtile, que par un montage absurde qui soudain nous plaque une scène de cul triste et sans enjeu au milieu de nulle part. Ça se manifeste même dans un détail : la série est lancée fin octobre, alors que le froid commence à gagner le pays et que les horloges s’apprêtent à reculer, alors que l’action, elle, se déroule au début de l’été ; c’est tout simplement impensable qu’une série soit programmée en dépit du bon sens comme ça. Ça ruine l’immersion.
N’y a-t-il donc personne, à quelque niveau que ce soit, qui ait vraiment voulu que La Dernière Vague réussisse ?

Regarder cet épisode inaugural de La Dernière Vague, c’est avoir l’impression de pouvoir lister tout ce qui ne va pas, au lieu de pouvoir apprécier ce qui va. Et très franchement, si La Dernière Vague n’était pas une série française, ça suffirait à la condamner, et à boucler la review en disant que bon, bah la série est ratée, ou en tout cas ce qui est raté est vraiment impossible à ignorer, n’y revenons plus. Bien évidemment La Dernière Vague est une série française, alors on passe par tous les stades du deuil…
Non, c’est pas possible, en 2019 il y a encore des acteurs qu’on autorise à s’égosiller comme ça ? Punaise mais j’en peux plus de ces dialogues qui surexplicitent tout, en quelle langue il faut encore le dire, qu’il faut autoriser les acteurs à utiliser le non-verbal, ça va bien maintenant !!! Ce qui est tragique c’est qu’en plus, la réalisation elle essaie vraiment de capter un truc avec ses gros plans sur le visage des acteurs, ça marche tellement bien sur celle-ci qui s’exprime par le regard, ça pouvait pas être plus souvent comme ça ? Pitié, arrêtez avec les scènes de sexe qui n’ont rien à raconter, c’est juste pénible à ce niveau, cette volonté de prouver qu’on n’a pas froid aux yeux alors qu’en fait ça ne contribue à rien… Bon, bah j’ai quand même réussi à le finir, cet épisode calamiteux.

Je suis la première à dire que c’est injuste d’attendre d’une série française que, miraculeusement, elle relève à elle seule le niveau de la production nationale. Mais je trouve aussi qu’on n’a pas à demander aux spectateurs de faire preuve de patience ou de clémence juste pour le principe. Quand j’en vois certains qui nous disent, et je paraphrase à peine, que oui bon c’est pas terrible, mais enfin quand même c’est une bonne idée et un genre rare à la télévision, on devrait encourager une initiative comme La Dernière Vague… c’est non. On ne regarde pas une série pas pitié. On ne demande pas aux spectateurs de mettre leurs attentes de côté en espérant qu’un jour il soit payé de retour. Et on ne fait certainement pas l’effort de regarder une série ratée juste parce que son pitch de départ, sa thématique, ou, pire, son genre, auraient pu être bien traités dans une autre vie.
A un moment je veux bien être compréhensive, mais je ne regarde pas des séries pour faire la charité aux chaînes françaises.

Tipeee

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

1 commentaire

  1. Tiadeets dit :

    *deep sighs* Un jour, peut-être, on aura une bonne série fantastique en prime time sur F2…

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