Au coin du feu

14 mars 2020 à 18:14

Puisque la première saison vient de finir cette semaine sur les écrans québécois, je vous propose aujourd’hui une review de la série Épidémie ! Une série qui depuis janvier nous parlait de comment des médecins, des personnalités politiques et citoyens lambdas se retrouvaient face à un vir-…
Vous savez quoi ? Ca vient de me frapper mais, c’est peut-être pas trop le moment, en fait.

Bon. Ahem. Eh bien, euh, et si dans la review du jour, on décidait de parler de quelque chose de beaucoup plus inoffensif ? Histoire de ne pas en rajouter ? A la place je vous emmène donc au Japon, pour parler de Yuru Camp△, une charmante petite série sans prétention, adaptée d’un manga éponyme, où il va être question de camping.

Comment peut-on faire une série à base de camping ? Eh bien, pour ça il faut demander aux Japonais, qui sont passés maîtres dans l’art de raconter des histoires d’une douce banalité, à partir de trois fois rien.
La série démarre alors que, comme cela semble lui être habituel, une adolescente du nom de Rin décide d’aller passer la nuit au bord d’un lac face au Mont Fuji. Une activité peu courante pour une ado, surtout dans le froid de l’hiver (il fait 5°C !), mais Rin sait ce qu’elle fait, elle a tout le matériel et l’expérience, et surtout elle aime passer un moment isolée de tout, à lire ses bouquins au milieu de nulle part. Elle est tellement coutumière de la chose que ni le manager de l’aire de camping, ni son amie, ne manifestent la moindre surprise devant sa présence.
La majeure partie de l’épisode est consacrée à regarder Rin s’organiser : monter sa tente, se faire une soupe, décider de faire un feu de bois… Ca fonctionne un peu comme un petit tutorial, honnêtement, mais c’est aussi le moyen de montrer que ces petites choses amusent sincèrement la jeune fille, qui est dans son élément.

Il y a cependant un événement perturbateur : toute la journée, devant le bâtiment central du camping (là où se trouvent le manager, une petite boutique et les toilettes du camping), une jeune fille a passé la journée à dormir dans ce qui est probablement la série de positions les plus inconfortables au monde, en particulier par ce froid. Lors de l’un de ses passages aux toilettes, Rin tombe nez à nez avec cette autre adolescente, bien réveillée cette fois, et en pleurs. La petite est totalement paniquée parce qu’elle vient d’emménager dans le coin, a voulu aller voir le Mont Fuji, et ne connait pas du tout le chemin pour retourner dans sa nouvelle maison. Soyons clairs : elle est un peu immature cette gamine, très émotive, émerveillée par un rien… et un peu affamée aussi donc finalement elles partagent toutes les deux, au coin du feu de bois, un peu de ramen. Elle est tout le contraire de Rin.
C’est un peu à cause de toutes ces raisons que l’inconnue (on apprendra tardivement qu’elle s’appelle Nadeshiko) finira par se lier d’amitié avec Rin, et par la même occasion, se prendre de passion pour le camping. C’est dit, ce n’est pas la dernière fois qu’elles campent ensemble !
Et ça tombe plutôt bien, le club d’activités en extérieur de leur lycée cherche de nouveaux membres…

Pour être honnête avec vous, Yuru Camp△ m’a rappelé un peu la formule des séries d’appétit. Vous savez, ces séries qui font d’un simple repas une expérience intérieure, quand bien même de l’intérieur, manger des ramen n’a rien que d’anodin. Eh bien les joies du camping sont dans Yuru Camp△ similaires, et même contagieuses. Mais surtout (et on rejoint là le cas un peu particulier de Konya wa Konoji de), plus que le menu ou les activités, c’est bien le fait d’être ensemble, de partager des choses triviales mais capables de procurer une satisfaction simple, qui est au cœur de la série. Passer des moments à rire autour d’un feu de camp en mangeant quelque chose de chaud avec des gens qui ont autant envie que vous d’être là, je ne sais pas, c’est une certaine idée du bonheur, non ?
Alors pourquoi aller chercher plus loin ? Dans une bonne humeur un rien naïve, Yuru Camp△ nous parle de petits instants partagés en plein air, loin de tout, avec mais avec ceux qui nous comprennent. Ce n’est pas forcément une série dont il faut attendre des rebondissements, des révélations et des intrigues à se faire des nœuds à la tête, mais je vous mets au défi de ne pas, vous-même, pousser un soupir de contentement devant ces quelques instants.


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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

8 commentaires

  1. Mila ♥ dit :

    Je ne sais pas si c’est juste une question de perception parce que je les « note » plus, mais j’ai l’impression que tu parles de pas mal de jdramas ces derniers temps, et ça me va 😀

    Je ne savais pas qu’il existait une série live adaptée de ce manga ! Je connaissais l’anime dont j’ai vu l’épisode 1, et même si je n’ai pas regardé la suite, j’avais trouvé ça assez charmant. Visiblement, la série live a su transmettre ce charme également 🙂

    • ladyteruki dit :

      Non tu as raison, je suis dans une période japonaise en ce moment. Mais quand j’ai fait mon récap du mois dernier je me suis aperçue que je n’avais reviewé qu’une série japonaise en Février, alors que j’en ai regardées ou testées beaucoup plus !
      Donc je sais pas si tu lis dans mes pensées ou mon bujo, mais tu as bien perçu le truc !

  2. SALT dit :

    J’aime beaucoup ta façon de parler des « Japonais, qui sont passés maîtres dans l’art de raconter des histoires d’une douce banalité, à partir de trois fois rien. », je trouve ça très juste comme description ! Après l’aspect potentiellement « tutoriel » de celle-ci me tente moins a priori, surtout qu’au vu de l’image que tu as postée, eux et moi on ne fait pas de camping de la même façon (ils ont l’air carrément sur-équipés ? Et aussi, je n’ai jamais vu de tente type tipi dans un camping, mais c’est vachement plus classe que ma tente igloo de chez Décathlon :p) – encore que précisément pour ce décalage le visionnage pourrait être drôle, je suppose… Enfin, cette impression basée sur une unique image est peut-être davantage l’expression de ma frustration de personne n’ayant jamais pu allumer un feu dans un camping pour-faire-comme-dans-toutes-les-fictions-sur-le-sujet-et-où-sont-mes-s’mores-d’abord?!? que d’une réalité du drama. Merci pour ton article, en tout cas, comme toujours !

    • ladyteruki dit :

      Je me demande dans quelle mesure le côté « tutorial » est amené à durer. Là je pense qu’on peut en attribuer la raison au fait que le camping est l’activité centrale (unique ?) des protagonistes et que du coup, ça fait partie du travail d’exposition que de dire ce que font les personnages et pourquoi. D’ailleurs Rin EST très organisée et équipée, mais cela fait justement l’admiration de Nadeshiko qui n’y connaît rien et prend goût au camping pendant ce premier épisode, totalement par hasard. Je pense qu’à terme chaque membre du club va développer sa propre approche, en lien avec son propre caractère (Rin est clairement une introvertie un peu nerd sur les bords), et que ça peut permettre de représenter des choses plus larges à terme. Pour le moment ce premier épisode reste une introduction de seulement deux des personnages que tu vois sur la photo.
      Bon pis les photos de promo japonaises, je dis ça je dis rien hein, mais bon.Surtout pour une série de 712e partie de soirée.

  3. Tiadeets dit :

    J’adore toujours les séries japonaises que tu nous dégottes. Rien que leurs descriptions sont toutes douces.

  4. Turtle dit :

    J’ai découvert l’anime yuru camp grâce à cet article il y a quelques semaines et je voulais dire MERCI ! J’ai adoré les premiers épisodes !! Le combo vélo et camping c’était fait pour me plaire mais en plus de ça la beauté des images, l’animation, la poésie de l’instant, l’attention portée aux détails… vraiment une belle découverte dont je savoure les épisodes lentement pour bien en profiter ! Merci merci merci (et merci pour toutes les critiques séries si variées et qui donne toujours envie de regarder autre chose que les séries du moment) !

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