Dearly departed

19 septembre 2021 à 23:10

C’est pas pour lancer une nouvelle crise diplomatique, mais rappelons quand même que la Chine nous est sept cent douze fois supérieure…
…en matière de posters de séries. J’ai beau savoir qu’un poster ne veut rien dire (plus encore dans une industrie où c’est un job à temps plein que de créer des visuels alléchants pour chaque fiction), je suis faible et continue de tout laisser en plan et me mettre en quête du premier épisode lorsque je vois du matériel promotionnel chinois. Non mais je vous le demande un peu : me laisse-t-on vraiment le choix ?!

Ces posters sont ceux de la série fantastique Ling Hun Bai Du Zhi Nanyang Chuan Shuo… et je suis la première à reconnaître que je serais bien infoutue de prononcer ça correctement. Fort heureusement, je peux me reposer sur du copier-coller pour continuer à respecter ma préférence personnelle pour l’emploi des titres originaux. Cela étant, croyez-moi, l’idée m’a effleurée pour les prochains paragraphes d’exceptionnellement employer le titre anglophone, The Ferryman: Legends of Nanyang (mais bon, c’est long aussi de toute façon).
Je suis décidément une faible femme aujourd’hui. Espérons que ce soit pour la bonne cause.

Le premier épisode de (grande inspiration) Ling Hun Bai Du Zhi Nanyang Chuan Shuo est le genre d’introduction à laquelle il faut s’attendre de la part d’une série chinoise, longue, et proposée par une plateforme de SVOD (en l’occurrence iQiyi), c’est-à-dire que seulement une partie de l’exposition nous est proposée. C’est surtout l’occasion de poser des personnages et une ambiance, plus que de précisément expliquer de quoi il va retourner dans les épisodes suivants.
En particulier, la série a pour personnage central Dong Qing Xia, un jeune diplômé qui galère à trouver son premier travail. Jusqu’à présent, toutes ses tentatives de recherche d’emploi ont échoué, et son moral est au plus bas (ainsi que ses finances). Un jour, cependant, il reçoit une réponse positive à une candidature qu’il ne se souvient pas avoir envoyée, comme employé de nuit pour la supérette « 444 » ; n’ayant pas trop l’envie ni la possibilité de refuser, il accepte donc de travailler entre minuit et 6h du matin.

Quelque chose que la série établit très tôt, cependant, c’est que Dong Qing n’est pas tout-à-fait un jeune homme comme les autres : il a le don très particulier de voir des fantômes. Ce n’est pas quelque chose dont il se vante, et il essaie autant que possible que les fantômes ne s’en aperçoivent pas, mais il a cette capacité depuis l’enfance et elle est parfois difficile à ignorer. Lors de son tout premier jour (ou devrais-je dire, de sa toute première nuit) de travail, un enfant et une jeune femme entre dans la supérette. Le petit garçon se comporte un peu étrangement, et la jeune femme, Olivia, qui l’a trouvé seul dans la rue, essaie désespérément de comprendre où il habite pour le ramener chez lui. Mais à mesure que les deux adultes interagissent avec lui, commence à s’installer un doute : serait-il par hasard un fantôme ? Après tout, sept jours plus tôt, il y a eu un accident de voiture pas loin de là, où la victime était un enfant du même âge et répondant au même prénom…

Pour suivre l’intrigue de ce premier épisode de Ling Hun Bai Du Zhi Nanyang Chuan Shuo, il faut parfois un peu de familiarité avec la culture chinoise. Assez peu d’éléments mythologiques nous sont en effet fournis (et celui qui l’est, en ouverture de la série, n’est plus mentionné du reste de l’épisode : il y aurait 5 types « d’yeux » appelés Divine, Wisdom, Dharma, Buddha, Physical ; le dernier étant celui de la plupart des mortels, mais c’est bien tout), alors que l’intrigue, en se déroulant, va par exemple faire référence aux billets funéraires ou tout simplement… à la signification du chiffre 444. Bien que la plateforme iQiyi soit disponible internationalement, la série est en effet principalement conçue pour un public de culture chinoise, contrairement à une série Netflix par exemple, où la compréhension universelle est souvent la norme.
Toutefois, rien d’insurmontable (a fortiori à l’ère de Google), et rien qui empêche de comprendre les tenants et aboutissants dramatiques de la série. Car le nerf de la guerre, la communication avec les fantômes, est tout de même assez universelle : quelque chose d’inachevé empêche les fantômes de poursuivre leur route, quelle qu’en soit la direction. Dong Qing est évidemment dans un position rare pour les y aider, et parce qu’il a clairement bon cœur, il ne va pas hésiter à instant dans ce premier épisode. Cependant… je doute qu’il s’agisse d’une variation autour d’un thème à la Ghost Whisperer.

Pourquoi ? Parce que cet épisode a aussi introduit un troisième personnage, Li Zhao. Il a une aura de mystère, mais plusieurs éléments nous permettent cependant de deviner une partie de son rôle dans la suite de l’intrigue. En outre, comme toujours avec les séries chinoises, le générique de Ling Hun Bai Du Zhi Nanyang Chuan Shuo propose des extraits de scènes de toute la série, et à ce titre laisse deviner qu’il va y avoir un peu plus qu’un accompagnement de fantômes désœuvrés. La série semble même assez riche en scènes d’action !

Un peu plus tôt cette année, j’avais eu envie de me lancer dans une série fantastique chinoise, avec plutôt le désir de trouver une série en costumes (j’avais procédé à un tour d’horizon à cet effet, et d’ailleurs on devrait reparler d’ici la fin de l’année de l’heureuse élue). J’avoue que même si j’ai quand même une préférence pour un bon wuxia des familles à l’occasion, je suis quand même contente de m’être mise devant Ling Hun Bai Du Zhi Nanyang Chuan Shuo, pour regarder aussi une série plus moderne. C’est un peu le mélange parfait parce qu’il va quand même y avoir des effets spéciaux (toujours si j’en crois le générique), mais qu’on est en même temps dans un contexte plus « réaliste ». Toutes proportions gardées bien entendu. En outre, la réalisation de Ling Hun Bai Du Zhi Nanyang Chuan Shuo, si elle n’est pas réalisée avec un budget massif (ou alors tous les VFX ont absorbé le coût ?), est tout de même très soignée. Il y a, en particulier, un ton particulier insufflé par les décors colorés de la supérette, ou d’une rue qu’on verra plus tard dans l’épisode. En jouant sur les éclairages, les néons, et d’une façon générale sur l’univers visuel du quotidien dépeint, Ling Hun Bai Du Zhi Nanyang Chuan Shuo réussit à se créer une personnalité bien distincte. Ce qui veut dire que, au moins sur ce plan-là, les posters n’avaient pas vraiment menti !
Du coup, je ne suis pas totalement certaine de la direction que va prendre l’intrigue… mais j’ai très envie de me laisser porter, ne serait-ce que pour le plaisir des yeux.


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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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