20 000 lies under the sea

13 janvier 2022 à 20:50

Tout le monde dit beaucoup de bien de Vigil, mais comme j’ai arrêté presque complètement de regarder des séries policières, j’avais jusque là fait l’impasse dessus. La diffusion ce soir sur arte m’incite cependant à y jeter un oeil parce que jamais arte n’oserait diffuser une série policière médiocre.
Vigil se présente comme une enquête de type mystère en chambre close, sauf que la chambre est un immense sous-marin nucléaire.

Tout commence cependant en surface, lorsqu’un petit bateau de pêche se retrouve, semble-t-il par accident, agrippé à un quelque chose sous l’eau. En quelques minutes, l’embarcation et sa poignée de pêcheurs se retrouve emportées. Non loin de là, sous l’eau, Craig Burke, un officier à bord du sous-marin militaire HMS Vigil entend quelque chose via le sonar ; mais les informations sont encore trop rares, et afin de ne pas mettre la position du Vigil en danger d’être repérée, le commandant Newsome donne l’ordre de ne pas intervenir, laissant par conséquent les pêcheurs mourir.
Peu de temps après, l’officier Burke est retrouvé mort d’une overdose dans sa cabine. Ce qui a, naturellement, assez peu de chance de n’avoir aucun rapport.
Hélas pour la Navy, le sous-marin était dans les eaux britanniques lors de ces événements, et la mort de Burke doit donc faire l’objet d’une enquête par la police civile. L’inspectrice Amy Silva est envoyée à bord pour 3 jours, afin de faire un rapport.

L’air de rien, Vigil est assez high concept. Les règles du jeu sont simples : hors urgence, personne ne transmet de message depuis le sous-marin, afin de ne pas signaler sa position extrêmement stratégique ; Silva ne peut que recevoir des rapports. Ceux-ci lui sont communiqués par sa partenaire restée à la surface Kirsten Longacre, qui conduit des interrogatoires avec les proches et collègues de Burke. Personne n’a quitté le sous-marin, et hors Silva, une seule personne est entrée (le remplaçant de Burke). Elle doit donc travailler entièrement seule et, étant la seule civile dans cet univers militaire dont elle ne possède pas les codes ni même la confiance, elle ne peut faire confiance à personne sinon Longacre.

Mais le premier épisode révèle progressivement qu’on n’est pas dans un simple épisode de JAG, ici. En introduisant, d’abord, cette histoire de bateau de pêche, que Burke est la première personne à remarquer, puis la seule personne à défendre, on comprend bien qu’il ne va aucunement s’agir d’une simple affaire d’overdose ou même de règlement de compte personnel. Toutefois, l’affaire se révèle encore plus compliquée lorsque Vigil commence à aborder la présence de militantes pacifistes et anti-nucléaires, qui évoluent aux abords de la base militaire où le Vigil a ses amarres. Je ne sais absolument pas si les sous-marins ont des amarres mais restez avec moi.
Cette introduction en rajoute encore une couche en insistant sur la relation entre Silva et Longacre. Les deux femmes ont clairement une histoire personnelle, même si la série n’en explicite pas immédiatement la nature ; cette relation, loin d’être anecdotique, va leur permettre d’échanger discrètement, leurs anecdotes communes servant de langage codé dans les « échanges » de message. C’est l’occasion pour Vigil d’insister à la fois sur ce qui lie les deux femmes, mais aussi sur le passé de Silva, celle-ci souffrant visiblement d’un traumatisme.

Le premier épisode ajoute donc plusieurs couches de complexité à son enquête, qui lui permettent non seulement de jouer avec les tons (le thriller politico-militaire, le drame personnel, etc.), mais aussi avec les significations. Une seule enquête a de multiples ramifications pour toutes ces protagonistes, sur un plan personnel autant que professionnel, et même du point de vue de la sécurité nationale.
En cela, Vigil démontre une maîtrise parfaite du procédé de « double histoire » (né dans les polars scandinaves), ce qui est généralement plutôt bon signe. Pour le reste ? Pour le reste voyez avec arte.


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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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