Come on through

15 janvier 2022 à 23:57

C’est toujours comme ça, pas vrai ? J’ai passé une bonne partie de ma semaine à poursuivre mon revisionnage de The Good Wife (entamé l’an dernier), et cet après-midi tout d’un coup j’ai envie d’un pilote. Vous savez ce que c’est, histoire de changer un peu d’horizon.
Ce que je n’avais pas prévu, ce serait de tomber sous le charme de Wolf Like Me, une série australienne de la plateforme Stan (mais co-financée par peacock), à propos de laquelle les résumés restent évasifs. Et regardez-moi cette photo promotionnelle… qu’est-ce qu’elle vous dit de la série ? Rien. Elle est muette.

J’ai passé tout le premier épisode à me demander ce que je m’apprêtais à regarder. Oh, j’avais mes soupçons, mais Wolf Like Me persistait à laisser planer le doute. Je regardais ses premières scènes défiler en fronçant les sourcils. What is this show about ?
Si j’avais écrit ma review à ce moment-là, son sujet aurait été précisément cela : cette interrogation qu’on a face à une série qui nous est étrangère, dont on ne sait rien, et à propos de laquelle on essaie de déterminer une nature. Ou au moins un genre. Dramédie ? Drame ? Romcom ?

Est-ce que cela a de l’importance ? Cela semble en avoir parce qu’il est devenu très difficile de regarder une série sans savoir quel en sera le sujet. Sur les plateformes de streaming, on obtient un résumé avant d’avoir vu la moindre image ; on nous dit à quels genres précis la série correspond ; on nous donne la durée de chaque épisode à la minute près. C’est quasiment impossible d’avoir des surprises de nos jours. On dirait qu’il ne faudrait pas perdre de temps à découvrir par soi-même dans quoi on met les pieds ; en réalité on nous enlève un peu de l’émotion de la découverte. Mais c’est l’échange qu’on a décidé de faire quand les choses nous sont devenues accessibles hors de la télévision linéaire, je suppose. Avoir le contrôle de ce qu’on regarde semble devoir nécessairement s’assortir d’une délivrance totale de toutes les informations concernant une série avant même de l’avoir vue. On sait exactement ce que l’on regarde, pourquoi, et souvent même, ce que l’on va y trouver.
Dans les grandes lignes, ma review aurait parlé de ça. De se lancer à l’aveugle dans Wolf Like Me, et de réaliser que ça ne se produit presque plus. De découvrir que ça me frustrait mais que ça m’excitait aussi beaucoup, de scruter l’épisode en attendant qu’il me dise dans quelle case ranger la série.

Je l’ai donc vu, ce premier épisode, dans sa totalité. Et j’ai progressivement eu ma réponse. What the show is about. Malheureusement pour vous, j’ai décidé de ne pas vous donner plus d’information que Stan, ou peacock, ou les autres résumés sibyllins sur lesquels vous êtes tombés jusqu’à présent. D’ailleurs n’essayez pas d’aller chercher plus loin. Regardez la série, ou ne la regardez pas, mais ne cherchez pas dans quelle case la ranger avant de l’avoir vue.
Faites-vous cette faveur ; croyez-moi, c’est pour votre bien.
Toutefois, je ne viens pas à vous les mains vides. Après avoir fini la saison dans ma lancée (d’où la publication tardive de cette review ; il a des choses qui parfois ne se contrôlent pas, et vraiment ce visionnage m’est tombé dessus sans prévenir), voici ce que je peux vous dire.

Si vous voulez une ode à la vulnérabilité, ce qu’elle coûte autant que ce qu’elle apporte, vous voulez voir Wolf Like Me. Il ne s’y dit rien de fondamentalement nouveau sur le sujet, en revanche, c’est si joliment dit…
Wolf Like Me est de ces séries qui ne s’embarrassent pas trop d’avoir l’air sensées, parce que l’essentiel n’est pas là. C’est ce que vous allez ressentir qui prime, et ressentir des choses assez puissantes ou en tout cas belles, ça ne dépend pas forcément d’un scénario où tout fait parfaitement sens. Ce autour de quoi l’intrigue est construite n’a pas vraiment d’importance, dans le fond, alors l’accepter vous fera gagner du temps et de l’énergie, pour mieux vous consacrer à vivre les émotions de ses protagonistes. Il n’y a rien d’absolument novateur ou bluffant dans cette série (à part peut-être le jeu de la petite Ariel Donoghue, vraiment pleine de nuances), mais l’émotion ne se loge pas toujours, presque jamais en fait, dans l’inédit.

Les personnages de Wolf Like Me acceptent d’être vulnérables. Cela a du sens que ses spectatrices le soient aussi. C’est comme ça qu’on a de jolies histoires. C’est tout ce que j’ai à dire.


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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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