Want Ted

28 mars 2009 à 17:58

Vous savez ce qui est bien quand arrive la période des pilotes ?
Les pilotes.

Vous savez ce qui est bien quand commence à passer la période des pilotes ?
Les épisodes suivants.
Deux épisodes de Better Off Ted en moins de 72h ? Je peux me tromper, mais je sens qu’il se passe quelque chose. Pas entre Ted et moi (Jay est pas du tout mon genre, mais on peut essayer d’en reparler dans quelques années s’il insiste) mais entre la série et moi, c’est un fait indéniable.

C’est pourtant vrai qu’on pourrait imaginer que des gens (on ne sait pas qui, juste des gens) n’en penseraient pas que du bien.
Il y aura les gens qui penseront que Portia de Rossi est trop Nelle dans ce nouveau rôle de Veronica. Alors là, je m’en bats l’œil comme c’est pas permis, et comme c’est rarement arrivé. A peu près autant que de savoir avec qui Paris Hilton couche ne ce moment, pour vous donner une échelle. Le rôle est génial, elle y est géniale, moi je vois pas ce qu’on pourrait demander de plus. Qui mieux que Nelle Subzero Porter pouvait interpréter ce rôle de patronne glaciale et sans humour, mais définitivement drôle, franchement, pas la peine de faire le tour de Hollywood pendant des heures en espérant tomber sur la perle, ça semblait carrément évident. Il y a les acteurs-caméléon, et les acteurs-Lassie chien fidèle, c’est un fait établi, et il faut savoir utiliser l’un ou l’autre selon les circonstances, et ici je vois mal qui d’autre on aurait pu choisir pour ce rôle.
Il y aura des gens qui penseront que le personnage de Ted est, a contrario, très basique, et peut-être même qu’il manque un tantinet de charisme, qu’il est trop lisse et propre sur lui. Mais n’avions-nous pas justement besoin d’un type de ce genre pour réussir à entrer dans le monde timbré de Veridian Dynamics ? Le faire par ses yeux blasés, mais pas complètement aveugles, est un équilibre idéal entre la position radicale de Veronica, la patronne qui a un job à faire mais pas une once de sens éthique, et Linda, la jolie petite employée en révolte permanente mais silencieuse contre la société, une autre position radicale si on y pense. D’ailleurs, pour être bien certains que Ted ait de la consistance, on lui a rajouté un ange d’épaule en la personne de sa fille (qui manque un peu dans le second épisode, mais juste un peu, tout va bien).
Il y aura aussi des gens qui s’attendront à se taper sur les cuisses alors que, merci de l’avoir noté, Better Off Ted est une série drôle, mais pas un sitcom. Ce n’est pas pour rien que certains ont fait le choix de la single camera ! Il ne s’agit pas d’applaudir à chaque réplique écrite pour être drôle, il faut aussi savoir se réjouir des silences, des regards, des effets de montages, de la voix off qui fonctionne bien (fait suffisamment rare ces dernières années, où le procédé a été über-utilisé, pour être souligné), etc… Oui, ça demande un peu de gymnastique intellectuelle de ne pas attendre qu’on vous brandisse le panneau « RIEZ MAINTENANT » pour profiter pleinement de la série, mais c’est un coup à prendre et on finit par s’habituer à ces subtilités.

Bon, vous voyez, quoi que les gens pensent de mauvais sur Ted et son équipe, ils ont tort, de toute évidence.
En plus, il y a plein d’autres petits détails qui font que Better Off Ted est un pur délice. La fausse pub d’entrée, par exemple… et ce même si c’est en échange du sacrifice de ce qui aurait certainement été un générique intéressant… c’est simplement sans prix, ce sublime hommage à Working ! (mes tags m’informent que je ne vous ai jamais parlé de Working, ça me désole au plus haut point ; sitôt ce post fini je fonce fouiller ma telephage-o-thèque pour ressortir un épisode à vous présenter… les fouilles peuvent prendre quelques jours, rapport au classeur noir, alors ne retenez pas votre souffle)
Et plus qu’une série simplement drôle, Better Off Ted est aussi une série qui ne se contente pas d’aligner les gags, mais bien de suivre ses intrigues : la cryogénisation d’un de leurs employés (oui mais juste un… pour le moment) en est l’exemple, eh bien, criant (j’étais obligée de la faire, celle-là).

Non, vraiment, il faudrait être bien pinailleur pour ne pas apprécier cette série, jonglant avec talent entre légèreté et critique soc-… non, je ne vous fais pas l’affront de faire mine de psychanalyser Better Off Ted, franchement on a tous compris le message, mais qu’il soit décliné semaine après semaine en de multiples petites mesquineries cyniques est un plaisir dont on ne peut que se repaître à l’avance.
Fini les comédies gentillettes, on dirait, entre le summum du désabusé avec Trust Me, et le zénith de l’immoralité avec Better Off Ted, 2009 sera sans illusion sur le monde de l’entreprise, et le monde tout court, ou ne sera pas. C’est ça, être dans l’air du temps !

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

2 commentaires

  1. freescully dit :

    Quel bonheur cette série ! Et Portia de Rossi est juste excellente, c’était l’évidence même pour ce rôle. J’ai aussi beaucoup aimé les présentations « fausse pub » de Veridian Dynamics. Et moi, au risque de me faire incendier c’est dans Desperate Housewives que j’ai rencontré Jay et (là je vais carrément mourir sous la lapidation ) je l’ai revu plus récemment dans Private Practice…

  2. Nakayomi dit :

    Non, non, désolé lady, le Jay Harrington, je l’ai aussi croisé sur The Inside et il me plaît bien comme il est… Donc, pas le temps de le laisser arriver à maturation…
    Sinon, Jay Harrington et Portia DeRossi dans la même série ? Oh bah voilà qui pourrait être intéressant… Je note sur ma fiche « à voir un jour… en français » (oui, parce que bon, hein… )

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