Au vert

15 juillet 2009 à 7:10

Roulements de tambour… attention, attention, voici l’un des premiers épisodes que je vais vous offrir en inédit total. Et croyez-moi j’ai cherché.

Pendant longtemps, j’ai cru que l’épisode que je vais vous présenter était un pilote. Il s’est avéré plus tard, documentation à l’appui, que ce n’était pas le cas, mais n’ayant pas ledit pilote sous la main, et ne l’ayant en fait jamais eu, je me suis dit que s’il avait été assez bon pour faire illusion sur moi quelques années, il n’y avait pas de raison qu’il ne soit pas assez bon pour vous au moins le temps d’un post.
Voici donc, en qualité chancelante (désolée pour les petits accrocs, j’en suis encore au stade expérimental et je n’ai pas encore trouvé comment éviter ça), mais en intégralité, un épisode de La Famille Green en rubrique La preuve par trois. J’ai toujours rêvé d’écrire ça.
Et comme en plus, ça vient de ma VHS enregistrée sur France 2, inutile de vous dire que c’est de la VF et donc qu’il n’y a pas la moindre excuse…


L’épisode Obsession est en fin de compte idéal pour découvrir les protagonistes : Elisabeth, la grand’mère maternelle, Mitch et Mary, les parents, Meghan, Cameron et Kenny les trois adolescents. On comprend d’ailleurs assez bien la façon dont les choses se sont huilées pour que ces trois générations vivent sous le même toit : le mari d’Elisabeth est décédé (et c’est encore assez frais), les parents se sont mariés jeunes et l’aînée Meghan est arrivée quasi-simultanément ; enfin, les trois enfants ont une amplitude de deux ans d’écart entre le premier et le dernier, ce qui est assez différent de la plupart des séries où on essaye d’avoir un peu de tout histoire de faire mine de varier les intrigues. Ici, c’est le tempérament de chacun des enfants qui va conditionner ces dernières, et non le fait que l’un a tel âge ou tel autre. Et cela permet aussi des scènes d’une grande spontanéité entre les enfants, mais je compte bien y revenir.
Le principe de l’aparté ne plaira pas nécessairement à tout le monde et je peux le comprendre. Mais il me semble difficile de nier qu’au moins, l’idée a vraiment été portée jusqu’au bout, au lieu de n’être qu’un accessoire narratif comme dans beaucoup d’autres séries où on cantonne l’aparté à une phrase ou deux par-ci par-là. Si les différents points de vue n’ont pas tous droit au même temps d’antenne, on peut au moins saluer l’effort qui consiste à laisser chacun exprimer son ressenti, et s’apercevoir ainsi des vraies dynamiques de la famille.


Devant la plupart des séries qui se passent en famille, j’ai l’impression d’assister en général à une communication très verticale : des parents vers les enfants, ou des enfants vers les parents. Il est très rare que les enfants communiquent réellement entre eux. En général, quand ils le font, ça se limite souvent soit à des vannes, soit à des banalités. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai eu l’impression devant 7 à la Maison de voir les enfants se croiser sans jamais se parler plus de deux secondes (ou alors c’était pour faire des choses dans le dos des parents), feignant une complicité à laquelle on ne croit pas une seconde. Ici, il ne s’agit pas pour Meghan, Cam et Kenny de se faire des câlinous à n’en plus finir, non plus que l’extrême inverse. Ils parviennent, dans une même séquence, à se parler sincèrement et se prendre la tête ; en gros, ils cohabitent du mieux qu’ils peuvent. C’est une dynamique assez typique des adolescents, et je trouve que le fait qu’ils soient assez proches en âge aide à cela. Chacun a les travers de cette tranche d’âge, mais ils sont aussi liés, sans laisser tomber leur individualité… ce phénomène est plutôt bien dépeint dans cet épisode.


La Famille Green, c’est aussi beaucoup d’humour, et la joie d’assister à une série qui ne se prive pas de mettre en scène des instants plus originaux, tel le rêve de Meghan au tout début et à la toute fin de l’épisode (pour moi, ils auraient mérité qu’on y passe même un peu plus de temps), ou l’intermède au violoncelle (ah, le violoncelle…) où Kenny tombe amoureux de la jolie Rebecca, interprétée par Taryn Manning, et où en parallèle Cam s’amuse à jouer avec l’autorité de son prof. On a aussi de nombreux dialogues pétillants qui permettent de sourire et ainsi désamorcer certaines situations qui sans cela auraient pu paraitre tendues. Comme dans une vraie famille, il y a des moments plus légers, mais pas forcément où tout le monde se fait de grandes embrassades ravies, et des moments de frictions, où on n’en est pas non plus à se déclarer la guerre. La présence de cet humour fait qu’on garde les pieds sur terre, et c’est particulièrement appréciable.

En fait, La Famille Green est un peu différente d’une grande majorité des séries familiales, en cela qu’elle s’intéresse aux préoccupations de 6 personnages, étalés sur 3 générations. Lesdites préoccupations sont relativement courantes, mais pas traitées de façon artificielle. Ce n’est pas une « gentille famille », ou une « famille peu politiquement correcte », on ne parle ni des Camden ni des Bundy, ils sont juste normaux. Je trouve que c’est sans doute l’une des séries qui a su le mieux parler de la famille, sans doute parce qu’elle ne prend jamais position pour un personnage plutôt qu’un autre. Personne n’est tourné en dérision, personne n’est diminué (on n’est pas dans Ma Famille d’Abord), personne n’a raison, personne n’est parfait. Et c’est drôlement appréciable…
Contrairement à Angela, 15 ans qui, en dépit de ses qualités, donnait l’impression de tout prendre au tragique, La Famille Green parvient à donner une impression de réalisme que de nombreuses séries peuvent lui envier. Sans compter que c’est sans moralisation qu’elle opère son charme : de futurs épisodes traiteront de la sexualité, la mort, et tout un tas de choses sur le fait aussi bien de grandir que de vieillir, et où les parents, bon, agissent en parents, mais se montrent suffisamment ouverts sur pas mal de choses, et en premier lieu au dialogue. Chacun a sa place dans la famille, son mot à dire, sa personnalité à laisser s’épanouir. C’est très reposant d’éviter le mieux possible la caricature sans pour autant tomber dans l’abus de violons !
Ça donnerait presqu’envie de retourner à l’époque de l’adolescence ! J’ai dit « presque ».

par

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

7 commentaires

  1. Scarlatiine dit :

    Aaah, « La Famille Green » ! Merci lady, de me (nous) permettre de revoir au moins un épisode de cette série qui m’avait vraiment charmée lors de sa diffusion sur France 2, et dont j’ai attendu en vain une rediffusion pendant des années…

  2. Nakayomi dit :

    A vu l’épisode… Je confirme que je ne connaissais pas du tout (mais que j’y ai reconnu des têtes !), que je comprends pourquoi ça ne m’a jamais interpellé (pas mon type de série) mais que ça se laisse suivre (mais avec ce seul épisode, je ne ferais pas des pieds et des mains pour autant pour voir la suite quoi).

    Sinon, mis à part le problème du support vhs d’origine, j’ai trouvé que c’était plutôt bien numérisé…

  3. dych dit :

    j’adorais cette serie, elle passait juste avans gilmore girl l’apres midi!!!! mais sur le site je n’arrive pas a trouver le lien pr la regarder!!! quelqu’un peut me dire ou je dois la trouver!

    merci de la mettre a disposition, trop dure pour revoir un épisode

  4. ladyteruki dit :

    Bienvenue, dych ! En général, dans la rubrique La preuve par trois, le bon truc c’est de passer sa souris sur toutes les images du post, surtout celles dont on ne voit pas bien quelle pourrait être leur valeur ajoutée si elles ne contenaient pas un lien.

  5. Biboulon dit :

    Waw !

    Ok, je suis dingue, ça fait des années que je cherche cette série, j’en garde un putain de souvenir ! Please, dis moi que tu sais où trouver les autres épisodes, où sont les liens ? Je cherche depuis tellement longtemps !

    Merci beaucoup !

  6. Biboulon dit :

    Ah j’avais zappé ton premier paragraphe qui indique que l’épisode vient de ta VHS… Tu as tous les épisodes ?!

  7. ladyteruki dit :

    J’ai quelques épisodes (pas tous) mais je n’ai pu transférer que celui-là au format numérique. Désolée.

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