Distances de sécurité

15 juin 2010 à 21:29

Moins de 3 semaines après avoir remis la main dessus, je m’aperçois d’un petit détail en apparence anodin : j’ai regardé le season premiere de la saison 3 de Rude Awakening cinq fois. Et il est en deux parties. Et je me suis refait un intégrale de la série dans le même intervalle. C’est peut-être rien pour vous, etc…

Non que le fait soit exceptionnel. Ma tendance à la monomaniaquerie, largement documentée dans ces colonnes, n’est plus à prouver, et ses manifestations vont de « ah tiens, si je regardais 5 saisons des Craquantes en deux mois » à « bien-sûr je pourrais regarder un inédit mais si je regardais plutôt le pilote de Pushing Daisies pour la troisième fois cette semaine ?« , en passant par « je suis pas sûre d’aimer 30 Rock mais c’est pas ça qui va m’empêcher de regarder les 4 saisons pendant 3 jours où je suis clouée au lit« . Et encore, dit comme ça, on aurait l’impression que c’est plus conscient que dans la réalité. Mais toujours est-il qu’il s’agit d’un cas relevant de la psychiatrie, je vous l’accorde bien volontiers et ne m’en suis jamais cachée.

Mais revoyons l’action au ralenti, si vous le voulez bien : dans la plupart des cas, il s’agit de regarder plusieurs épisodes différents d’une même série en une très courte période de temps. Pas toujours mais le plus souvent. J’appelle ça une fringale, et si les résultats peuvent être étonnants (les 4 saisons de 30 Rock en trois jours, c’est pas mal dans le genre, même pour une comédie), en revanche ils restent quand même relativement compréhensibles.
Or, regarder le même épisode encore et encore, ça, c’est quand même assez particulier. C’est tout juste si je ne reviens pas au début de l’épisode une fois le générique de fin achevé, oui, c’est à ce point, vous avez raison de me regarder comme ça.

Mais voilà : je ne le fais pas seulement avec des comédies, mais bien avec des séries qui ont sur moi un impact émotionnel fort pour quelque raison que ce soit ; en général il y a une forte corrélation avec d’une part mon attachement pour la série et d’autre part le contenu de l’épisode lui-même.
Et c’est là que je me demande comment ça se fait que la deuxième, la troisième, la quatrième fois que je regarde l’épisode, je suis toujours émue. A ce stade je suis surprise qu’il soit encore capable de m’émouvoir. A plus forte raison en si peu de temps.

Plusieurs hypothèses.
Soit vraiment l’épisode est bon… c’est subjectif mais on va partir du principe que oui, puisque le premier visionnage m’a convaincue que l’épisode valait le coup d’être revu.
Soit je crée moi-même un cercle vertueux, au centre duquel j’entretiens une petite étincelle d’émotion que je revis encore et encore, cristallisant une affection pas tout-à-fait spontanée qui au bout de deux à trois rediffs ne l’est évidemment plus du tout.

Il y a pourtant des cas, et ils restent les plus nombreux je vous rassure, dans lesquels je n’ai pas envie de revoir un épisode dans l’immédiat. C’est pas un problème de suspense (je regarde très peu de séries reposant sur la base du suspense), mais plus un problème de préférer m’occuper de mon stock de pilotes plutôt que de m’envoyer un épisode que je viens de voir, aussi bon soit-il.
Devant un épisode que je revois trop vite, je réalise que c’est trop tôt et je m’ennuie une minute ou deux avant de couper. Et ça, en dépit de ma tendance à la monomaniaquerie, ça m’arrive quand même (c’est même systématique si je regarde une rediff à la télé…).

Quelles sont les distances de sécurité en matière de téléphagie ? Je suppose qu’elles varient d’un téléphage à un autre, et très probablement aussi d’une série à une autre, selon la charge émotionnelle qu’on a bien voulu y investir. On peut regarder en boucle notre série préférée, moins rapidement une série qu’on regarde juste pour tuer le temps (un peu comme quand je regarde The Big Bang Theory la mort dans l’âme mais convaincue de sacrifier à une pulsion sociale). Quand vous avez vu un épisode, combien de temps mettez-vous avant de le regarder à nouveau de votre propre chef ? Quel est votre record ?

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4 commentaires

  1. Encore une fois un article très intéressant.

    Pour ma part, c’est un peu l’opposé et je reculerais toujours la date pour le re-visionner en partant du principe où plus j’attends, plus je prendrais du plaisir à revoir l’épisode.

    Bonne semaine à toi, Ladytelephagy !

  2. Nakayomi dit :

    Je n’ai pas de pulsion à la monomaniaquerie… Encore moins pour un épisode en particulier je pense, si bon soit-il… Je serais un peu comme Seasonpremiere en ce moment, comprendre que j’aurais tendance à ne plus vouloir revoir trop vite les séries ou les épisodes, histoire de perdre un peu de mémoire et d’avoir un immense plaisir à les retrouver.

    Sinon, je confesse quand même sur les 2×21 & 2×22 Acathla de Buffy, j’ai dû le regarder plusieurs fois les deux ou trois jours suivant sa première découverte. Ah, je me souviens aussi de l’époque où j’ai découvert l’épisode Le Shérif à les Dents Longues de X-Files. C’était une période où la série m’ennuyait un peu et cet épisode était une véritable bouffée d’air frais. Comme je l’avais enregistré (pour cause d’école le moment de diffusion je suppose), je l’ai regardé plusieurs fois au moins dans la semaine qui suivit, peut-être deux fois le même jour.

    Je crois que ce sont les deux seuls exemples que j’ai en tête…

    (J’ai un doute sur l’épisode 110 Destin de Sailormoon mais possible que je l’ai revu dans la quasi-foulée).

  3. Céline dit :

    Je me refais de temps en temps les intégrales de mes séries (d’ailleurs je confesse que je suis re-visionnage de Glee !) mais pour de nombreuses séries je me fais un double zieutage dans la journée… mais y’a une raison à cela : je regarde l’épisode seul durant la journée et le soir quand mon chéri rentre, je me le refais avec lui !

  4. Louis3000 dit :

    En ce qui me concerne, je peux être aussi assez monomaniaque.

    C’est surtout avec les chansons que je suis capable – quand elle touche quelque chose en moi – d’écouter en boucle jusqu’au dégoût mais ça a pu m’arriver pour des films, des séries.

    Dans une période dépressive, j’ai regardé « The hours » cinq ou six fois en dix jours.

    Ces derniers mois j’ai dévoré les 4 saisons de Battlestar Galactica en 3 semaines puis les 6 de LOST (sur laquelle je reste pourtant assez mitigé) en une quinzaine de jours puis j’ai enchaîné l’intégrale de Will and grace, presque tout Friends, les deux saisons de nurse Jackie (j’en veux encore !) et les trois Breaking bad (je suis pas sûr d’aller plus loin) en aussi très peu de temps et en mode monomaniaque intégral.

    Il faut dire que je ne travaille pas et que j’ai décidé de ne plus allumer ma télé, les séries et films que je télécharge sont donc les seuls programmes que je regarde.

    J’ai atteint le summum avec un pilote de série la semaine dernière. The big C. La première fois en langue de Mickey. La deuxième avec les sous-titres anglais quand ils ont été dispos. La troisième avec les français pour être sûr de n’avoir rien loupé et la quatrième pour le montrer à un ami.

    Quand je regarde une série, un épisode, une scène plusieurs fois c’est parce qu’elle touche quelque chose en moi, en écho à ma propre expérience, mon état d’esprit du moment ou mes « valeurs » ou parce que je la trouve brillante artistiquement.

    Pour The big C, c’est un coup de foudre. Pour Laura Linney et certains dialogues, pour une ambiance, une certaine « légèreté » impromptu, pour le vernis qui craque en fin d’épisode.

    Ca retombera peut-être, c’est pas grave, au bout du compte avec cette oeuvre ou une autre j’ai vécu quelque chose d’intense, de personnel et d’intime.

    Quand on aime, on ne compte pas ?

    PS : Merci pour Huge, je ne regarderai peut-être pas 10 fois mais j’aime bien !

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