Série culte

25 août 2011 à 23:54

Laissez-moi insister sur l’importance de savoir qui m’a recommandé The Cult : le pilot était bien trop bon pour que je ne laisse cette bonne action impunie.
Apparemment, The Cult, dont j’ignorais jusqu’à l’existence voilà quelques jours, a coûté plusieurs millions de dollars et est ce qui se rapproche le plus d’une superproduction. Des comparaisons avec Lost ont été lancées sur plusieurs des sites que j’ai consultés ; dans ce cas, c’est un compliment pour Lost.

Le premier épisode a en effet de nombreux points en commun avec la fameuse série d’ABC, la plus évidente étant cette forêt sombre et moite dans laquelle se déroule la majorité de l’intrigue. Et puis, bien-sûr, il y a cette atmosphère de mystère, savamment entretenue par un scénario qui trouve le moyen à la fois d’aller très vite, et d’en dire le moins possible. Ainsi, tous les lieux communs qu’on aurait rencontrés dans une production moins scrupuleuse sont écartés : le héros, père de deux fils adultes (ou jeunes adultes, j’ai eu du mal à déterminer leur âge), et en moins de 10 minutes, il a déjà compris où étaient ses fils et que l’organisation qui les abrite est plus que suspecte, en plus de s’être déjà trouvé des compagnons d’infortune qui partagent une expérience similaire.
L’épisode aurait pu prendre le temps. Ca s’est vu dans d’autres fictions du même genre : je réalise qu’il y a un soucis, je me mets en quête de réponses, je découvre qu’il y a d’autres personnes dans mon cas sur internet, on met en place une expédition. Sans que ça ne ralentisse l’intrigue trop fortement, on aurait très bien pu imaginer que ce soit plus détaillé dans le pilote. C’est un épisode d’exposition, on ne le lui aurait pas reproché.

Pour autant, ce n’est pas l’extrême inverse : ces passages de l’intrigue ne sont pas passés sous silence pour accentuer l’effet de suspense, ni remplacés par des scènes d’action, bref, ce qu’une série américaine aurait été un peu tentée de faire, avouons-le, dans la majeure partie des cas. De la même façon, on voit également ce qui se passe à l’intérieur des murs du camps de cette étrange secte, c’est même ce qui nous éclaire sur sa nature car de l’extérieur, personne ne semble savoir de quoi il s’agit au juste. L’endoctrinement est explicitement montré sans chercher à nous faire nous demander ce qui se passe ou ce que le gourou peut vouloir. C’est vite évident et on ne cherche pas à maintenir artificiellement le mystère.

Le choix de The Cult est visiblement de ne pas perdre de temps dans les poncifs, et d’aller directement à son intrigue, sans nous prendre pour des benêts. La preuve en est : on comprend très bien ce qui se passe sans ça, en fin de compte.

Et du coup les faits sont là : l’intrigue avance rapidement. Sans que ce soit précipité néanmoins. Et on le remarque au fait que la donne change rapidement : au départ on avait un homme seul qui courait après ses fils qui étaient dans le camps. A la fin de l’épisode, plus rien de tout cela n’est vrai. Et les revirements de situation attendus (il y a probablement une taupe dans le groupe, les frères ne sont pas en sécurité dans le camps, on cache des choses…) sont vite exploités, au lieu de durer. C’est vraiment appréciable, et je ne suis pas sûr que le mérite en revienne uniquement au fait que The Cult soit bâti comme une mini-série.

C’est le genre d’expérience qui donne foi en la fiction télévisée. Parce qu’on a l’impression que la série se donne du mal pour faire quelque chose de personnel, au lieu de suivre, ce qui serait pourtant si commande, les codes éculés de son genre. Un thriller sombre avec une organisation mal intentionnée ? Ca semblait super facile de nous trimbaler un peu. Mais The Cult est réellement intelligente, et considère que ça nous conviendra très bien comme ça, sans jamais devenir pompeuse, en gardant une saine dose de questionnements et d’action, mais sans abuser jamais ni de l’un, ni de l’autre.

Le seul problème de The Cult, en somme, c’est qu’un épisode mette plusieurs jours à cagouler, ce qui est vraiment frustrant. Mais je pense pouvoir vivre avec cette frustration pour les épisodes restants, si c’est le prix à payer pour une aussi bonne série.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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