[#Ozmarathon] 2×07, sympathy for the devil

31 décembre 2011 à 0:19

Il arrive que, lors de cet excellent #Ozmarathon, on rencontre quelques turbulences. L’épisode précédent en est l’illustration, même une série de ce calibre ne peut pas tout le temps être excellente. Et parfois, même, elle n’est pas bonne, c’est la vie.
Fort heureusement, il s’agit là d’une exception, et d’ailleurs dés ce nouvel épisode, la série revient en grande forme, alors ne perdons pas de temps !

La première raison pour laquelle cet épisode me plait autant, c’est qu’il voit l’introduction de deux personnages excellents. Le vieux Nappa, qui, enfin, nous prouve que les auteurs ont réussi à trouver quelqu’un pour prendre dignement la place de Nino Schibetta à la tête des Ritals, et Jaz Hoyt, pour lequel j’ai toujours eu un petit faible (et je continuerai d’ignorer soigneusement la suite de la carrière de son interprète pourtant si sympathique). Ces deux personnages sont un régal et ce, dés leur épisode d’arrivée, et ça c’est quand même de l’or en barre.

Un autre personnage qui est introduit dans cet épisode est Sippel, pas franchement le genre de personnage dont on a envie de se souvenir en revanche. Il n’est pas là pour rester et on sent que son intrigue, passagère, n’a pas vocation à rester dans les annales, notamment parce que personne n’a voulu se risquer à filmer une quelconque scène d’illustration pour son crime. On a connu Oz moins timoré devant les sujets difficiles. Quoi qu’il en soit, c’est l’occasion de se rappeler qu’il y a bel et bien deux religieux officiels à Oswald, et que Sister Peter Marie n’est pas seule à porter ce genre de, hm, croix. Le ptit père Mukada se voit donc pris dans ses contradictions habituelles, entre sa droiture imperturbable due à son extrême sensibilité (j’ai bien cru qu’il allait nous déballer un abus sexuel dans son enfance, comme quoi il faut se méfier de ses souvenirs quand on aborde un revisionnage comme celui-là), et le fait que, bon, difficile d’éviter d’être humain quand on a décidé d’être prêtre, du coup on a droit à l’une de ces scènes dont Ray a le secret, il fait un truc à contre-coeur parce qu’il ne peut pas s’empêcher de tendre la main mais ça lui fait quand même un peu mal de reconnaître qu’il a une grande faculté de pardon. J’aurais vraiment imaginé une autre conclusion, pas forcément sur sa propre enfance d’ailleurs, pourquoi pas sur celle d’un ancien paroissien ou que sais-je, je dois avouer que ça m’a laissée légèrement sur ma faim même si en soi, l’intrigue n’est pas mauvaise, juste répétitive dans le schéma de Mukada.

Mais cela nous sert finalement à nous plonger dans le sujet de l’épisode, bien mieux que les monologues. Le laïus d’Augustus Hill est d’ailleurs complètement à côté de la plaque : il mélange tout, humains, animaux, comportement « naturel » ou pas… et finit par ne plus rien dire. En réalité, c’est de trouver du bien dans le mal et du mal dans le bien que l’épisode s’agit. Tout simplement.

Ainsi, alors que le pauvre Cyril O’Reily aurait pu trouver un refuge auprès de son frère à Oswald, et être à nouveau uni avec lui, l’intrigue de notre petit Irlandais va être absolument déchirante. A ce stade je pense qu’on est tous d’accord pour dire que chaque fois que Cyril apparait, les paroles « Oui je veux être un bisou, oh j’en veux plein dans le cou, un nounours, oh doux comme de la mousse, un Bisounours » nous viennent immédiatement à l’esprit. Aussi, quel n’est pas le choc que de voir Vern Schillinger violer ce pauvre garçon en lui mentant comme un arracheur de dent… juste pour que Cyril aille ensuite dire à son frère, à la cantine, qu’il a fait une BETISE ! Mais arrache-moi le coeur avec les dents, ça fera moins mal ! Quelle horreur. Pire encore, Ryan, qui paye à sa façon pour le meurtre du mari du Dr Nathan, est privé par McManus, inflexible, de toute possibilité de tirer son frère de là. Je pensais qu’au moins McManus refuserait par devant à Ryan mais irait arranger la situation de Cyril ensuite, rien du tout. C’est atroce.
La seule bonne nouvelle c’est que pendant ce temps-là, Ryan déconne un peu moins avec son histoire d’amour unilatérale, et ça c’est cadeau.

En parlant de frontières floues entre le bien et le mal, l’intrigue la plus impressionante de l’épisode est celle d’Adebisi. Ca fait un ou deux épisodes qu’il est rendu, bon, pas humain, faut peut-être pas exagérer, mais en tous cas intéressant, touchant même, et, éventuellement… sympathique ? On osait à peine y croire mais cette fois, on ne peut échapper à l’évidence : Adebisi est un pauvre hère qu’on ne peut pas détester. Pas juste parce qu’il est fort, pas juste parce qu’il est charismatique, pas juste parce qu’il est parfois très drôle, (pas juste parce qu’il n’est pas du tout pudique, hein les filles), mais bien parce qu’il est réellement émouvant.
L’intrigue avec Shirley Bellinger fait, comme anticipé, des étincelles. C’était encore mieux/pire que dans mes souvenirs. Oh ce regard, lorsqu’elle découvre que « Simon » est en réalité un Black ! Schillinger, Bellinger… étymologiquement on aurait presque dû s’en douter, mais voilà, on voulait y croire, au moins un peu, et rien du tout.
Mais au lieu de s’arrêter à cet amour blessé, l’épisode décidé d’aller plus loin. L’étrange petit vieillard qui a décidé de veiller sur Adebisi est intrigant, son pouvoir étonne, la scène surréaliste d’hallucination déstabilise… mais au bout du compte, on découvre un Adebisi qui, à sa façon, est en train de chercher en lui-même une forme de rédemption après avoir touché le fond.

Cette rédemption, contrairement à beaucoup d’instants de grâce dans la série, va même se poursuivre et se propager. Lorsque Rebadow apprend que son petit-fils, qu’il n’a jamais vu, est frappé de leucémie, il est au désespoir. Rien que de les voir, d’ailleurs, ouvrir leurs lettres ensemble autour d’une table, avait déjà commencé à m’émouvoir. Qu’en plus ce bon Jaz Hoyt décide de lui-même d’amener la question sur le tapis pendant les « conseils » d’Em City, c’était incroyable.
Et pourtant ce n’était rien comparé à l’élan de générosité d’absolument chaque clan, chaque leader. Chacun y va de son petit mot, sa petite phrase pour dire qu’il comprend, un peu, en quelque sorte. Pour un quartier d’Oswald qui traitait si mal ses petits vieux il y a une saison de ça, cette fois c’est touchant de voir que chacun a envie d’être gentil avec Rebadow. Je n’ai jamais caché avoir énormément de sympathie envers lui, d’autant qu’il est plus troublé qu’à l’accoutumée avec toutes ces histoires de galerie, et ça m’a infiniment touchée. Là encore, Oz a trouvé du bien au milieu du mal.

Une intrigue pour le moment mineure, mais qui m’a aussi touchée, est celle d’Alvarez. Le puppy d’Em City cherche désespérément l’approbation de son maître, et en essayant de lui plaire, il s’aperçoit qu’il vient, de lui-même, de se mettre dans un embarras pas possible. Certainement, Alvarez est satisfait d’être débarrassé de ses responsabilités de leader, mais le tribut à payer pour ne pas être abandonné, attaché à un arbre en bord de route, est hors de prix. On le voit rouler des mécaniques d’un côté, mais supplier son père de l’aider à trouver une solution. Hélas, le générique nous spoile depuis le début de la saison sur le sort du gardien en question, mais reste à savoir comment Alvarez va survivre à cette nouvelle épreuve. Avouez, on aime bien qu’il lui arrive toutes les crasses du monde.

De la même façon, que le saint homme Kareem Saïd soit mis face à ses plus noirs côtés par Beecher fait un bien fou. On ne le déteste pas, Saïd, on sait que son problème, ce ne sont pas les intentions, seulement l’ego, mais pour la première fois quelqu’un a réussi à lui river son clou et ça, c’est un changement intéressant. Et si la vraie cause de Saïd, c’était lui-même ? Eh bien dans ce cas, il faudrait qu’il parvienne à se sauver…

Pour cet épisode, Beecher est en retrait, on sait simplement qu’il continue de boire. Une pause bienvenue après avoir assister à la progression sadique de Keller, totalement absent de l’épisode.
On aura également l’occasion d’apprécier la dureté de McManus alors qu’il tente d’être en paix avec sa conscience, quitte à faire énormément de mal à Wittlesey. Personne n’ira la plaindre, d’ailleurs je ne comprends pas qu’il lui ait fallu tant de temps pour comprendre le dégoût de McManus à son égard.

La conclusion de cet épisode, c’est que finalement, on ne déteste plus grand’monde à Em City : les personnages pervers, les épisodes récents l’ont prouvé, nous fascinent par leur intelligence, et quand ils sont sur le point d’aller trop loin, le scénario fait ressortir leur nuance, leur fragilité, leur sensibilité. Ajoutez à ça des personnages qui excellent dans le rôle de victime (NOUS faisant passer pour des sadiques), et vous comprenez à quel point les notions de bien et de mal deviennent floues devant la série…

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

1 commentaire

  1. LL dit :

    Mais j’ai jamais détesté personne, je crois, ils avaient leur période chiante mais globalement, je leur trouvais toujours un petit truc à aimer^^ Sauf Devlin (déconnez pas !).

    Napa, je l’ai découvert dans Breaking Bad cette année, dans un rôle très difficile et (pas)totalement différent de celui là. Donc j’ai sauté de joie et doublement quand j’ai remarqué combien il était balèze. Ca manquait de Nino effectivement, du gars qui tire toutes les ficelles et qui gère ! Bref, du bonheur !

    Abedisi, c’est mon électron libre : à part la drogue, aucun épisode qui le met en scène ne se ressemble vraiment. Ca m’a donc semblé logique ce retour à ses racines, sa spiritualité doublé de son manque d’héro qui fait que lui, comme nous, ne savons pas vraiment ou nous placer. Il arrive même à être chou quand il est amoureux (2mn quoi).

    Aaaah Sippel, l’exemple typique du grand projet de rédemption auquel on veut croire malgré son acte impardonnable. Sa fin est à l’image du personnage, torturé et complexe.

    Aaaaw Rebadow, le puppy de l’épisode *o* Sa trame est à la base bien triste mais alors, cet élan de générosité de la part de types qu’on côtoie individuellement tous les jours… j’ai vraiment cru que c’était pour lui piquer son blé derrière moi mais quand j’ai pris conscience du geste entier, ça m’a émue aux larmes (et culpabilisé mais c’est la faute à Oz !).

    Beau billet^^

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