Désenchantement en chantant

17 octobre 2015 à 12:00

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Ce weekend je vous propose une petite thématique pour apprécier les comédies musicales les plus déjantées de la télévision ! Notre weekend sera donc non seulement placé sous le signe de reviews de séries musicales hilarantes du moment, mais aussi ponctué de deux fun facts, ce soir et demain. Quatre rendez-vous pour parler de comédies musicales qui n’ont pas oublié d’être des comédies !

Et pour commencer, je ne résiste pas au plaisir de vous reparler de Sammy J & Randy in Ricketts Lane, un projet que vous avez peut-être, comme moi, surveillé au fil des mois. Lancée cette semaine sur ABC après une avant-première par le service de VOD de la chaîne publique australienne (iView) le mois dernier, la série part dans tous les sens avec bonheur. Il suffit de regarder son pitch : deux adultes dont la vie est en déroute cohabitent dans une maison sur Ricketts Lane : l’un est un avocat qui n’a pas gagné une seule affaire depuis des années, et l’autre est en plein divorce et au chômage… et accessoirement, est une marionnette.

Mais on ne parlerait pas de Sammy J et Randy ce weekend, si la série qui porte leur nom n’était pas musicale… et elle ne l’est pas qu’un peu ! En moins d’une demi-heure, un total de 3 chansons vont les occuper (sans compter le générique, qu’ils interprètent en duo).
Sur quoi portent ces chansons ? Admettons-le, c’est ce dont on fait les grandes comédies musicales de Broadway : « The Census Song », une chanson sur la réception du formulaire de recensement officiel ; « Ticking Boxes », sur les cases que nos héros peuvent y cocher et qui indiquent l’évolution de leur statut ; et « Life Got in the Way », un duo (certes un rien écourté) sur les échecs des deux héros. Ça envoie pas du rêve, ça, peut-être ? J’ai une nette préférence pour « The Census Song », qui m’a fait écarquiller les yeux comme jamais, et qui est ponctuée d’un échange hyper rythmé du plus bel effet. Livestock ?!

Ce qui en outre est excellent dans la dynamique entre Sammy J et Randy, c’est que si les deux personnages sont très différents, il sont tous les deux allumés, ce qui entretient une ambiance où on a l’impression que les deux sont aussi dingues l’un que l’autre, même si ça s’exprime différemment. Du coup il n’y a jamais de temps mort, même si Sammy J est un grand nerveux au boulot ou que Randy aime volontiers l’asticoter ; et surtout, ça rend les gags totalement imprévisibles.

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Mais Sammy J & Randy in Ricketts Lane ne s’arrête pas à ses deux personnages centraux.
Plusieurs personnages secondaires s’assurent que le délire est total. Ma préférée est sans aucun doute Wednesday, la secrétaire fidèle de Sammy J ; bien que totalement éprise de son patron, Wednesday n’est pas simplement là pour lui couler des yeux de merlan frit à longueur d’épisode : chaque fois qu’elle s’aperçoit qu’elle ne parviendra pas à ses fins, elle se transforme en sociopathe sadique. Dans le pilote, on va ainsi la voir pleine d’espoir lorsque Sammy J (qui espère cocher une case !) cherche à se marier urgemment, et lui demande de l’aider. Le plus génial c’est qu’elle serait même son type ! Sauf qu’il lui demande de trouver une mail order bride à épouser via une agence, et qu’elle décide donc de le, hm… surprendre. Il faut en outre préciser que Wednesday a un petit nom affectueux bien spécial pour son prince charmant…
Cependant, Wednesday serait quasiment un atout dans la vie de Sammy J en comparaison de Borkman, le patron du cabinet d’avocats où il travaille, et qui le méprise au plus haut point. C’est en plus un type éminemment imbu de lui-même, le genre de connard insupportable que personne ne voudrait avoir comme collègue, et moins encore comme patron.
De son côté, Randy ne se remet toujours pas de son divorce (« on fait juste une pause ! », s’exclame-t-il à son camarade humain… lequel lui rétorque que cette pause est quand même imposée par un passage au tribunal). Il va régulièrement voir son ex-femme Victoria Vincent, la présentatrice d’une célèbre émission d’information, dans l’espoir d’avoir le courage de lui avouer ses sentiments : il fantasme sur une réconciliation (oui, il y a une scène torride femme/marionnette dans ce pilote !). Or son ex-femme Victoria Vincent est une personne détestable, et de toute façon elle s’est déjà trouvé quelqu’un d’autre… Même si ce n’est pas nécessairement ça qui va empêcher Randy d’essayer de reconquérir son ex-femme Victoria Vincent.

A toute cette pagaille d’idées farfelues de cet univers déchaîné, qui se succèdent à un rythme échevelé (certains dialogues entre Sammy J et Randy vont si vite que je crains qu’aucune chaîne ni aucun festival n’importe la série JUSTE pour ne pas avoir à les sous-titrer), il faut encore ajouter que Sammy J & Randy in Ricketts Lane est un vibrant hommage aux buddy comedies des années 80, et que toute son esthétique est d’ailleurs pensée autour de cette thématique vieillotte.

Ça faisait très, très longtemps que je ne m’étais pas amusée comme ça devant une comédie, musicale de surcroît. Sammy J et Randy, qui interprètent ici leur propre rôle et qui sont également les co-créateurs de la série, sont de véritables révélations pour moi ! Si ça peut les consoler, ils cochent toutes les cases d’une comédie musicale idéale à mes yeux. J’ai presque envie de voir si j’arrive à trouver leur spectacle de stand-up d’il y a trois ans, ça ne doit pas être triste. Et d’ailleurs, il vaut mieux que je me prépare des munitions : Sammy J & Randy in Ricketts Lane n’a pour l’instant été commandée que pour 6 épisodes…

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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