Friday Northern Lights

16 avril 2016 à 14:00

Si vous hésitiez à aller voir la série danoise Norskov cet après-midi pendant Séries Mania, laissez-moi orienter votre décision. Laissez-moi vous dire : oui, allez voir une série danoise. Et pas juste parce qu’elle est danoise, mais parce que la colonne vertébrale de son intrigue n’est pas un meurtre, ni la disparition d’une personne perçue comme vulnérable, ni rien de tout ça, si familiers dans les séries scandinaves qui nous parviennent. Non, c’est un ensemble drama comme il nous en arrive trop peu, pas un énième thriller. Et cet ensemble drama (traitez-moi de folle s’il le faut) m’a évoqué à quelques reprises nulle autre série que Friday Night Lights.
Voilà, maintenant que j’ai votre attention…

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Après des années passées hors de Norskov, Tom Noack revient fort de son expérience dans la police, notamment dans la lutte contre le crime organisée. Son retour n’a rien d’un hasard : il a été appelé à travailler avec les autorités de sa ville natale après un scandale local : une jeune fille a fait une overdose de cocaïne à quelques mètres de la patinoire, qui s’avère être le centre névralgique de la ville. Un scandale qui tombe au moment le moins opportun : le maire vient d’annoncer avec enthousiasme de grands projets d’urbanisme, et la libre-circulation des drogues dans la ville vieillissante de Norskov n’aide pas vraiment à rassurer ceux qui peuvent raviver le tissus économique de la ville. Mais le choix de Tom pour cette mission de nettoyage du trafic de drogues n’est pas non plus anodin, car il n’est nul autre que le beau-frère du maire, Martin.

Pour son premier épisode, Norskov parvient à éviter certains clichés sur le retour au bercail : Tom s’ajuste assez rapidement, et si l’on met de côté le fait qu’il est de toute évidence encore épris de la femme qu’il aimait il y a 15 ans, Diana Bondesen, ses sentiments sont plutôt en ordre vis-à-vis de la situation dans son ensemble. Ainsi la série essaye de ne pas trop insister sur le fait que Tom est notre « cheval de Troie » dans ce récit, pour plutôt s’orienter vers un portrait de l’état de Norskov à proprement parler.

Déjà, il est clair que la ville respire au rythme des compétitions sportives (ici le hockey sur glace), et c’est, à la fois dans cette position centrale et dans la façon de la montrer, en grande partie la raison qui m’a rappelé Friday Night Lights. A Norskov, avant chaque rencontre de l’équipe locale, on tient systématiquement une petite réunion de la communauté où le maire fait des discours sur l’avenir de la ville ; si bien qu’il devient assez évident que les habitants n’encouragent pas simplement les joueurs, mais l’esprit de leur ville tout entier contenu dans un petit palet noir. Et quand il se passe quelque chose de dramatique hors de la patinoire, la série affectionne la superposition d’images des évènements tragiques, et celles de Norskoviens heureux, insouciants, ignorant que quelque chose va encore entacher leur ville.
Il faut également ajouter que l’équipe de hockey est sponsorisée par la compagnie Bondesen, une usine tenue par Casper Bondesen, ami d’enfance de Tom et frère de Diana. Le partenariat va plus loin que le financement de maillots, et la dernière partie du premier épisode soulignera l’influence que Casper (surnommé « Bondy ») peut avoir à la fois grâce et sur cette équipe sportive.
Enfin, l’un des hockeyeurs va attirer notre attention. Il s’appelle Oliver Bondesen, et ce n’est pas un hasard : il est le fils adolescent de Diana Bondesen (et par-là même le neveu de Bondy). C’est un jeune garçon décidé à réussir dans le milieu du sport, mais aussi un fils meurtri par le comportement de sa mère, une droguée qui prétend être désormais clean. Mais parce qu’il méprise la drogue à cause de Diana, le jeune Oli va justement se fourrer dans les ennuis sans même y penser. Et la chose est d’autant plus difficile maintenant que les autorités de Norskov ont décréter vouloir éradiquer la drogue de la ville… Oli sera-t-il une victime de cette volonté politique ? Son avenir se joue-t-il en dépit de celui de Norskov ? Certes il est le seul personnage adolescent de la série pour le moment, mais cette façon de l’insérer dans le devenir de la communauté m’a évoqué certaines dynamiques de FNL tout de même.

C’est grâce à ces aspects, et aux différents membres de la famille Bondesen en particulier, que Norskov se trouve des axes narratifs s’éloignant de la pure série criminelle, pour clairement s’orienter vers le drame. Le flic qui y tient un rôle central est donc plutôt là pour arbitrer les dilemmes entre le politique et le privé, entre sa famille (son beau-frère Martin, sa sœur Jackie, qui d’ailleurs prend soin de leur mère depuis qu’il est parti) et celle à laquelle il est tant attaché (les Bondesen). Il faudra qu’il fasse des choix, et il est net qu’ils coûtent déjà.
Tout le monde devrait regarder Norskov, et ça tombe plutôt bien : elle a été produite en coopération avec cette chère arte qui nous la proposera bientôt.

Alors, ok, je retire ce que j’ai dit : vous pouvez vous permettre de louper l’une des deux séances Norskov à Séries Mania ce mois-ci. Mais dans ce cas promettez de la regarder lorsqu’elle sera diffusée chez nous. Ou alors vous n’avez plus le droit de vous plaindre de la quantité astronomique de séries sur des meurtres ou des disparitions dans les séries scandinaves qui nous parviennent.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

1 commentaire

  1. mabo dit :

    Je me régale à enfin lire les articles sur les séries que tu as vues pendant le festival ! Ca fait plaisir de voir des séries déjà prêtes à être diffusées sur arte. J’adore les découvrir comme ça sinon j’ai du mal à m’y mettre. Allez, je continue ma lecture !

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