Les petits plats dans les petits

12 janvier 2020 à 18:56

Tipeee

En début d’année, il m’arrive souvent d’avoir envie de bouffe sur mon écran ; cette semaine, plutôt que de me faire des épisodes de Kitchen Nightmares ou je ne sais trop quoi d’autre d’encore moins avouable, j’ai résolu d’aller fouiller dans mes archives, voir si je n’avais pas des séries causant de nourriture et/ou de restaurants. Ce serait bien le diable si je n’en trouvais pas : c’est quasiment un genre télévisuel à part entière !
Et effectivement, s’y logeait le premier épisode de Vår tid är nu, une série suédoise se déroulant dans un restaurant au moment de l’après-Guerre. A l’époque de sa diffusion, j’avais récupéré l’épisode en espérant trouver des sous-titres plus tard… et avais ensuite oublié de les chercher. Voilà que se présentait donc en ce mois de janvier l’occasion parfaite de mettre la main dessus ! Ce que j’ai réussi sans trop de peine (mais il faut dire que Vår tid är nu a débuté en 2017 maintenant). Du coup, on est partis pour une review du premier épisode !

Le Djurgårdskällaren compte parmi les plus prisés des restaurants de Stockholm, et depuis toujours, c’est la famille Löwander qui le dirige. Avec la guerre pourtant, comme beaucoup de commerces, l’établissement est à la peine, et sa salle n’est pas aussi remplie qu’elle le devrait. Vår tid är nu démarre le 7 mai 1945, et ce jour-là, le Reich capitule : une nouvelle ère s’ouvre ! Avec l’arrivée de la paix en Europe, chacun commence à fonder de nouveaux espoirs pour l’avenir…

Pendant toute la durée du conflit, c’est le frère aîné, Gustaf, qui a géré les opérations courantes du Djurgårdskällaren (je vais être honnête avec vous, je copie/colle à ce stade), sous la direction de sa mère qui est techniquement la propriétaire, mais ne préside plus que de loin aux décisions concernant le restaurant. Il ne fait cependant aucun doute que c’est l’autre fils, Peter, qui reprendra la main dans un avenir proche. Pour l’instant, celui-ci travaille au loin à l’accueil des réfugiés libérés des camps de concentration, mais même absent, il est celui qui s’impose pour prendre la direction de l’affaire familiale. Et puis, il ne faut pas oublier Nina, une toute jeune femme qui commence à peine à penser à l’avenir, mais qui en réalité n’a à l’esprit que de s’amuser.
Le jour de la Libération coïncide avec le premier jour de travail de Calle, un jeune commis de cuisine qui vient d’être recruté par le Djurgårdskällaren. En ce premier jour de paix, le jeune homme croise par hasard Nina, l’embrasse au beau milieu de la rue, mué au moins autant par la liesse du moment que par sa soudaine attraction pour la jeune femme, et ignore qu’il s’apprête en fait à travailler pour elle. Quand ils se recroisent, elle n’ose d’ailleurs pas le lui dire, et dans le feu de l’action (…et pas qu’un peu d’action) prétend s’appeler Louise.

Pour être tout-à-fait franche… je n’ai pas accroché au premier épisode de Vår tid är nu. La série est loin d’être mauvaise, elle s’inscrit au contraire dans la parfaite lignée d’autres séries historiques grand public produites en Scandinavie, notamment les danoises Krøniken et Badehotellet, auxquelles j’ai beaucoup pensé pendant ce premier épisode. De par l’époque qu’elle a choisi, et le ton qu’elle a adopté, Vår tid är nu évoque aussi des séries européennes retranscrivant l’optimisme de l’après-Guerre et sa promesse à peine voilée de 30 glorieuses années à venir, à l’instar de Ku’damm 56 et Moeder, Ik Wil Bij de Revue. Enfin, l’aspect chorale de la vie du Djurgårdskällaren m’a un peu évoqué The Halcyon, que pourtant j’ai passé suffisamment d’heures en hypnothérapie à tenter d’oublier, et qui elle-même doit beaucoup à des séries comme Downton Abbey.
Quel que soit le bout par lequel on prend Vår tid är nu, il n’y a donc rien de honteux, les influences volontaires comme involontaires sont plus que décentes.

Du coup, il est où le problème ? Eh bien dans le fait que ce premier épisode traîne vraiment la patte lorsqu’il s’agit de susciter quelque chose côté spectateur. La romance « impossible » entre Nina et Calle s’impose dés les premières minutes comme une évidence, ce pauvre Gustaf est dans les emmerdes jusqu’au cou et s’apprête à faire de l’apnée, Peter ne va plus tarder à rentrer au bercail… et le restaurant, eh bien, c’est un restaurant, c’est tout.
Il ne se passe pas grand’chose pour nous dire pourquoi ce lieu vaut les risques que prend Gustaf pour essayer de le sauver, ni pourquoi il est cher aux Löwander de façon plus générale. Peut-être est-ce parce qu’ils n’ont pas l’impression de pouvoir le perdre, justement ? La série tient tellement ce lieu pour acquis, alors que moi je ne l’ai trouvé ni beau, ni intéressant, ni touchant, ni divertissant… et comme toutes les intrigues partent de là, bah je mouais bon allez si vous voulez, quoi. Mais sans conviction.
Et je ne vous parle même pas de ma déception lorsqu’il y a un peu de cuisine et qu’on ne nous montre rien. Vendez-vous du rêve, que diable ! Montrez-nous de la bouffe !!!

Tout cela est pour ainsi dire très conventionnel, et n’aiguise ni ma curiosité, ni mon appétit. Alors la bonne nouvelle c’est que, du coup, c’est très grand public, ça va pas froisser grand’monde, rien. Probablement que ça explique la longévité de la série, qui compte 3 saisons et s’apprête à y ajouter un épisode spécial de Jul à la fin 2020. Cela étant, en ce qui me concerne, je ne vais pas me mettre la rate au court bouillon pour essayer de trouver les épisodes suivants.
Avec tout ça, j’ai encore un creux, moi.

Tipeee

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

1 commentaire

  1. tiadeets dit :

    Je me rappelle qu’on en avait parlé sur Twitter. J’ai regardé le premier épisode et je n’étais pas allée plus loin. Pas que je n’avais pas envie, mais je n’avais juste pas le temps et puis le temps a passé et je n’ai toujours pas continué. Il faudrait que je continue parce que des séries suédoises qui se laissent regarder il n’y en a pas tant que ça et je veux continuer à le travailler. 😛

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