Odeurs intimes

15 décembre 2004 à 4:52

J’avais oublié ces parfums spéciaux que dégage une nuit… vous savez, ce genre de nuits…? Et surtout j’avais oublié le parfum de son corps.

Et je m’étonne de son pouvoir de guérison. Je m’attendais en replongeant dans son regard à souffrir le martyre, surtout vu les conditions dans lesquelles la première nuit s’est déroulée (pour résumer, il m’a dit qu’il voulait qu’on ne se parle plus jamais une fois le déménagement fait, et puis… c’est très compliqué mais voilà où on en est arrivés…), mais non, pas du tout. Ce que je voulais, je l’ai eu, et je n’en veux pas plus. On a retrouvé notre complicité au quotidien, on passe de bons moments au lit, et franchement, le fait qu’il ne me regarde pas le reste du temps m’est devenu complètement égal alors que son attitude froide me meurtrissait il n’y a pas si longtemps…

Le simple fait de rire à nouveau (au lit ou non), de se parler, se câliner… soudain que ce soit la dernière semaine de notre vie, c’est presque anecdotique.

Ou plutôt je crois à nouveau qu’on sera inséparables, au bout du compte. Qu’à un moment, même si cedoit être au bout de plusieurs mois, on se retrouvera et on voudra partager quelque chose. Et qu’on pourra choisir quoi.

Seigneur, pourquoi sommes-nous retombés amoureux l’an passé ? C’est ridicule, nous n’étions pas prêts l’un pour l’autre. Lui n’avait pas encore compris à quel point il avait envie d’être libre, jeune, insouciant, etc… et moi je ne voulais pas d’une relation à porter seule, ce qui ne peut qu’être le cas actuellement. On a voulu vivre ce qu’on ressentait. On n’avait, certes, aucun moyen de prédire que cela finirait mal, mais le fait est qu’en attendant, par exemple, la fin de ses études (j’aurais largement trouvé un boulot d’ici un an et demi j’espère !!!), on aurait mieux géré tout ça.

Ma foi ne s’est pas tarie. Elle est toujours la, vivace, incontrôlable, sûre d’elle, elle me souffle qu’il suffit de se battre, juste un peu, juste encore quelques mois, le temps que chacun cicatrise, et qu’à ce moment, un monde de possibles sera à nouveau à portée de main.

Même si je ne suis pas sûre de pouvoir appeler ça de l’Amour tant les choses ont changé en moi ces derniers temps, et continuent en permanence d’évoluer, il y a quelque chose d’indétachable en moi, quelque chose qui murmure que Lord T est une partie de moi-même, quelque chose que je ressens comme un lien puissant depuis des mois, quelque chose qui s’apparente à de la foi je pense. Quelque chose qui me fait regarder la vie avec plus de confiance.

Je me sens comme ces gens qui croient si fort en Dieu qu’ils accomplissent eux-mêmes leurs miracles. La relation avec Lord T est cela pour moi. Elle est à la fois le carburant et l’acomplissement. Le but et le moyen. Ma vie sentimentale ne peut être équilibrée qu’avec lui quelque part dans le tableau.

En fait coucher avec lui n’est que le bonus. L’essentiel ce sont les rires, les discussions. Elles sont encore hésitantes, parfois. Mais elles sont là, c’est un fait. Et quand, quelques heures par jour (celles où nous nous voyons), nous vivons quelque chose de proche de notre ancienne amitié, avec tout ce qu’elle comportait d’ambigu, d’irrationnel et de partage, je me sens forte. J’arrive à croire en d’autres choses.

Ce doit être, je suppose, comme d’avoir besoin de ses parents pour se sentir bien, un point de repère stable et rassurant.

Ce que je ressens pour lui est difficilement définissable. Je me suis peut-être un peu empressée d’appeler ça de l’Amour. Ou peut-être ai-je au contraire compris ce que c’est sans y être préparée. Parfois quand on est jeune, on fait ce qui semble juste, mais mal. C’est aussi ça, une erreur. J’en ai fait. J’en fais sans doute encore. J’en ferai d’autres. Mais après ces quelques jours, je me dis… allez, je peux survivre à ça. Et nous aussi.

Si vous saviez la lueur qui brille dans mes yeux ! Je peux la sentir. Comment puis-je avoir cette ferveur après tout ce par quoi je suis passée ces derniers mois ?! Peut-être que Lord T avait raison en me répétant ces dernières années que j’étais quelqu’un de fort. Je le suis visiblement plus que je ne le pensais. L’essentiel est de ne pas l’être moins que ce que je pense, et de continuer. Je crois que je suis sur la bonne voie…

PS : sur fond de Jeanette – No Eternity (pas encore dispo sur Teruki Paradise)

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