[#Ozmarathon] 1×07, la dernière seconde

18 décembre 2011 à 21:04

Le marathon continue ; Whisper et moi-même avons été rejoints par Aurore et LL qui suivent également notre Ozmarathon (avec un léger différé pour le moment), et désormais tous les rouages sont bien huilés. Tout est prêt pour le grand final de la saison.
Tic tac. Le compteur est en marche. Plus qu’un épisode.

Tic tac. La bombe à retardement Beecher a enfin explosé. C’est le moment que j’ai attendu pendant 6 épisodes, et je n’étais même pas convaincue qu’il ait réellement été déclenché lors de l’épisode précédent. Le passage à l’acte est venu avant la prise de conscience, en réalité : Beecher, mis en isolement pour son agression envers Schillinger, se révèle enfin à lui-même. Je ne sais pas s’il découvre, comme le prétend le monologue d’Augustus Hill (un peu en petite forme dans sa cage, d’ailleurs), sa nature profonde, mais en tous cas il fait définitivement peau neuve. Son acte si symbolique de détruire ses lunettes l’est à bien des égards : bien-sûr, il brise ce qui le liait à son ancienne identité, frêle et intellectuelle, mais le fait que ce soit le verre qu’il mettait devant ses yeux renvoie aussi à la nature-même de son agression sur son tortionnaire. Toujours est-il qu’on a enfin franchi le pas, celui où Beecher n’est plus une simple victime d’Em City et du système carcéral, il est enfin entré dans la chaîne alimentaire. Et c’est avec panache qu’il va aller clouer un dernier clou au cercueil de l’ancien Beecher en laissant, à la fin de l’épisode, toute liberté à sa colère et son ras-le-bol. Beecher déborde. Beecher n’est pas le seul…

Tic tac. O’Reily et son compère Adebisi continuent d’attendre que le vieux Schibetta casse enfin sa pipe. Confetti de verre après confetti de verre, ils guettent les signes, lui servant son plateau tout sourire, faisant mine d’accommoder le moindre de ses désirs, tapis dans l’ombre en attendant qu’enfin le réseau de drogue de l’Italien soit à eux. Ils ont tout leur temps, mais ils ont hâte. Alors en attendant, ils sont comme des enfants impatients, ils tournent dans tous les sens et cassent les couilles de tout le monde, y compris Kareem Saïd qui a pourtant ses propres problèmes.

Tic tac. Saïd revient en effet d’entre les morts : il a survécu à sa crise cardiaque. Et il revient habité d’une rare colère, qu’il dirige contre celui qui a bien failli le laisser crever la bouche ouverte dans sa cellule. Je n’ai toujours pas retenu le nom dudit traître, mais ce n’est pas grave : après avoir été mis au ban de la communauté musulmane d’Em City, ce dernier, abandonné par les siens (et donc, pense-t-il par une étrange association d’idée, mais il est vrai que je suis athée) par son Dieu, va se suicider dans sa cellule hors des vitres d’Em City. Le pouvoir de Saïd sur sa communauté, mais aussi sur tous les prisonniers de la prison, s’étend, s’étend, s’étend… La scène des petites cuillers au réfectoire le montre gorgé du même orgueil qu’il reprochait quelques instants plus tôt à McManus, celui d’avoir droit de vie et de mort sur les prisonniers au nom d’un idéal devenu illusion de grandeur. On peut presque lire dans ses yeux la soif exponentielle de puissance que cela nourrit, les idées qu’il se fait sur la façon dont il pourrait conduire ces hommes. Vers quoi ? On n’entrera pas dans la tête de Kareem Saïd à ce point, et les scénaristes ne nous laissent que les rumeurs pour alimenter notre imagination. Mais une chose est sûre, Saïd n’est pas homme à refuser de mener les autres et à faire preuve d’humilité. Et c’est un homme dont la colère a, depuis son arrivée à Oswald, été décuplée, pas toujours pour les raisons qu’il brandit. Pas sûr que ce grand pouvoir implique des responsabilités qu’il puisse tenir.

Tic tac. Impressionné par les discours de Kareem Saïd, dont la rhétorique mais aussi le charisme naturel, ainsi que maintenant le pouvoir d’emprise sur la colère de ses co-détenus, ont sans cesse plus d’effets, le pauvre Groves déclenche d’apocalypse sans le vouloir. Il pensait que le mieux, c’était de tuer Leo Glynn, dans une logique qui n’appartient qu’à lui. Il tuera dans sa précipitation un gardien, déclenchant la violence chez le personnel de la prison.
C’est, entre parenthèses, une suite de scènes sur la peine de mort qui avaient manqué au 4e épisode, et l’erreur est parfaitement réparée avec les demi-remords d’un Groves totalement perdu, l’intervention de la mère de la victime, l’exécution à la fois déchirante pour le prisonnier et pour les bourreaux, l’installation du doute, les regrets de Mukada, l’intervention une fois de plus brutale du gouverneur Devlin… C’était une très belle mort, l’une des plus belles pour le moment. Le dernier rayon de soleil, à bien des égards.

Tic tac. Suite à ce meurtre, la descente aux Enfers de la prison est généralisée, personne ou presque ne sera épargné. Les actes de brutalité se succèdent, à un rythme qui vient embrouiller notre impression du temps qui passe entre les murs d’Oswald, et les gardiens sont sanctionnés les uns après les autres, sans effet. Il faut que la frustration s’exprime, que la colère trouve un dérivatif, que la violence subie soit rendue, et la direction de la prison ne peut rien contre cela. Comme l’expliquera à demi-mots Burrano, ce n’est pas quelque chose qu’on peut empêcher ni même sanctionner ; le sous-entendu, c’est que la rage du personnel, pour l’instant, ne se retourne que contre les prisonniers… et que c’est un moindre mal.

Tic tac. McManus a perdu le contrôle. Glynn le force à organiser un « shakedown », une fouille approfondie d’Em City. Il ne peut rien en sortir de bon, et la quantité de substances prohibées et d’objets dangereux saisis le prouve. Il a perdu le contrôle, si tant est qu’il l’ait jamais eu, et punir ses petits rats de laboratoire n’y peut plus rien (d’ailleurs quelques minutes plus tard, on les verra tout de même regarder la télé, c’est dire si ses sermons sont sans effet). Ils lui ont définitivement échappé. Il ne s’est même pas aperçu qu’il a introduit, en suspendant les gardiens trop violents, un loup dans la bergerie, en laissant entrer à Em City des gardiens peu expérimentés, et ayant des connexions avec certains prisonniers. Comment cela pourrait-il bien finir ? C’est impossible.

Tic tac. Ils ont mis 7 épisodes à se mettre, lentement, inexorablement en place. Les acteurs sont désormais prêts pour leur grande tragédie. C’était le dernier souffle, le silence d’un temps, juste avant la grande symphonie.

Tic tac… BOOM !

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

2 commentaires

  1. whisperintherain dit :

    Pertes et fracas

    Difficile de passer après ce superbe article de ta part sur ce non moins superbe épisode !

    Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par évoquer ce qui m’a le moins enthousiasmé dans cet épisode.

    Parce que oui, il était superbe, mais oui, ça m’embête quand même qu’on ait choisi d’éliminer Groves, auquel je m’étais attaché. D’ailleurs, j’ai été assez décontenancé par la rapidité avec laquelle est survenue sa condamnation à mort. Entre la scène où il fait part de ses intentions à Alvarez et celle du passage à l’acte, j’avoue m’être demandé si on n’était pas passé dans une séquence fantasmée à l’intérieur de l’esprit dérangé de Groves. Aussi dur fut-ce, je dus vite me persuader du contraire et accepter de voir ce personnage savoureux quitter la scène. Et quelle sortie ! Entendre Burrano dire que la fusillade est un mode d’exécution plus humain que la chaise électrique, c’est peut-être vrai mais il n’empêche que ça glace quand même le sang. Le repentir de Groves m’a serré le cœur, quand on le voit se frapper la tête contre le mur dans une scène qui pour le coup ne m’évoque pas du tout Ally McBeal, ou quand il reçoit la visite de la mère de Smith qui lui dit qu’elle ne peut se résoudre à le haïr et lui pardonne son crime. Et comment rester de marbre lorsque retentit la fusillade à travers l’interphone, sans que Mukada ait pu recueillir les derniers mots de Groves ? Infiniment plus abouti que l’épisode 4 à ce niveau, aucun doute possible.

    Force est tout de même de reconnaître que Groves était un choix on ne peut plus judicieux pour montrer l’étendue du culte de la personnalité qui s’est développé autour de Kareem Saïd et qui n’a fait que se renforcer depuis sa crise cardiaque.

    La véritable perversité des scénaristes d’ailleurs consiste à ne pas nous faire ressentir la moindre empathie pour le fourbe qui s’apprêtait à le laisser mourir. Quand celui-ci se retrouve exclu par la communauté musulmane, on ne le prend pas en pitié une seule seconde, au contraire on se dit que c’est bien fait pour sa gueule et c’est tout juste si ce sentiment ne s’accompagne pas d’un petit rire machiavélique. Enfin, je ne peux parler que pour moi, évidemment, mais je ne pense pas me tromper en disant que tu ne le portais pas non plus dans ton cœur de téléphage. Son suicide m’a laissé tellement indifférent que j’ai d’ailleurs failli omettre de l’évoquer dans ce commentaire.

    Un autre point dont il faut que je parle avant de l’oublier, c’est l’intrigue autour de Hill qui, guidé par Sœur Peter Marie, se détourne du basketteur et se prend d’affection pour le jeune violoncelliste fraîchement débarqué à Oz. J’espère qu’on reverra ce personnage, je ne sais pas vraiment dire pourquoi, mais il m’intrigue.

    Dans la famille « crevures de premier ordre », je demande O’Reily et Adebisi, bonne pioche ! Car outre la perte de Groves, c’est aussi à la perte de pouvoir de Schibetta que nous avons le droit dans cet épisode (et accessoirement des pertes sanguines aussi, désolé pour le mauvais goût du jeu de mots). En neutralisant Schibetta, ils montrent à qui veut bien l’entendre qu’ils ne sont pas hommes à se laisser dicter la loi par quiconque et à ce titre, il est d’ailleurs assez intéressant de noter qu’ils font partie des détenus qui encouragent Beecher quand celui-ci cède à la rage et retourne régler ses comptes avec Schillinger dans une scène qui provoque indéniablement chez le spectateur des sentiments mêlés de choc et d’approbation. C’est fou ce que cette série est bien écrite !

    Le parallèle entre Beecher et McManus, je l’avais également remarqué et il semble confirmer mes soupçons sur ce que nous réservent les scénaristes pour la suite. En tout cas, ça y est, l’escalade de la violence et l’exacerbation des tensions entre les divers personnages sont à leur comble, voilà qui nous promet une apothéose digne de ce nom pour le season finale, qu’il me tarde d’ores et déjà d’évoquer après-demain !

    #Ozmarathon : du bonheur sur toute la ligne, voilà ce que j’en dis, pour le moment !

  2. Aurore dit :

    Wow ! Ca doit être mon épisode préféré depuis le début de ce marathon. Je ne vois strictement rien à redire. Alors oui, c’est triste de tuer un personnage comme Groves qui était attachant, mais ça fait le troisième que j’aime qui se fait tuer donc je commence à m’habituer ^^

    L’exécution de Groves est d’autant plus troublante qu’on nous le présente comme un gamin dans cet épisode. Il n’est pas méchant, il n’y a qu’à voir comment son plan machiavélique se développe : il écoute Alvarez dire que la prison se porterait bien mieux sans son directeur. On a vraiment l’impression qu’il ne comprend pas les conséquences que le meurtre implique. Comme le meurte de ses parents, on le voit changer de chaîne juste après pour regarder un dessin animé ! Ben oui, ils sont bêtes ses parents de monopoliser la télé quand ya des dessins-animés sur l’autre chaîne ^^

    Groves n’avait rien à faire en prison, il se retrouve à Oz, et finit par être exécuter. La scène est terrible : entre la peur de Groves, ce haut-parleur qui ne marche pas et le visage ravi d’un des bourreaux après l’exécution…

    Ensuite on a Saïd. L’interaction entre Groves et Saïd valait le détour quand même. Groves qui tente comme il peut de saluer Saïd à la fin et parle des trucs avec la cuillère xD

    La scène des trucs à la cuillère justement était très forte, le contrôle et le pouvoir que Saïd a, sont assez impressionnant. Aussi bien dans son groupe que dans les autres puisqu’on voit le traître se faire lyncher par tout le monde lorsqu’il est transféré dans un autre bloc.

    Un autre, un autre !

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