Firewall

10 février 2006 à 16:15

A quel point peut-on garder le contrôle sur la façon dont on veut gérer sa vie sentimentale/sociale ? C’est ce que j’ai tendance à me demander ces derniers temps.

Ca semble difficile de faire comprendre aux autres mes besoins en la matière. J’ai depuis quelques moins l’impression que la plupart des contacts que j’entretiens sont trop invasifs dans ma vie. Des coups de fil, des rendez-vous ? Je n’en demande pas tant et souvent me lasse en route. Je n’en ai simplement pas envie. Depuis que je vis à nouveau seule, je ressens ce besoin de rester seule, justement. Ou plutôt, j’ai toujours envie de contacts, je ne veux pas non plus devenir ermite ; je veux simplement ne voir des gens que lorsque j’en ai envie. Pas qu’ils s’imposent à moi. Il y a des fois où on a envie d’être seule, de prendre du temps pour soi et de se faire plaisir avec un bon film ou un bon bouquin ; pour moi, ça dure depuis plusieurs mois. Et avoir envie de voir du monde tient plutôt de l’exception que de la règle. Pourquoi ? Simplement parce qu’en ce moment ça ne m’intéresse pas.

S’envoyer des mails (lorsque j’ai internet), ça me convient, en revanche. Parce qu’il n’y a rien d’intrusif dans un mail. Un mail ne vous accapare pas pendant un quart d’heure. Un mail ne vous empêche pas d’aller lire un site qui vous plaît, ou ranger l’appartement, ni encore sortir se ballader à la découverte de votre nouvelle ville. Un mail n’exige pas de réponse immédiate si l’inspiration vous manque. Un mail ne vous court-circuite pas le reste de votre vie. Avec l’alternative possible d’envoyer un mail quand on en a envie si on se sent d’humeur causante, à tout moment, sans engager quoi que ce soit. Ecrire m’a toujours été plus facile de toutes façons, c’est vraiment idéal. Un coup de téléphone, c’est au bout de 10 à 15 minutes l’impression d’être opressée, prisonnière, de devoir afficher une façade pour n’être pas déplaisante, et de supporter la personne qui s’est introduite de force dans votre soirée, qui attend d’échanger alors que vous n’en avez pas envie. La plupart des gens, sur Internet, ont le bon goût d’avoir compris qu’ils ne sont pas le centre de vos préoccupations, ni l’inverse. Quel bonheur ! Se balader sur un forum, participer si le coeur m’en dit, et repartir sans attendre de réponse… le prochain qui passera et le voudra, postera… ou pas. Et je reviendrai lorsque cela me semblera convenient. Merveilleux ! Liberté totale !

Simplement, parfois, certaines personnes ne comprennent pas que ce n’est pas contre eux, mais bien pour moi. Que j’ai besoin d’espace, de solitude, et que telle que je me connais, je sais que ce n’est qu’une phase, mais que j’en ai besoin. Il y aura toujours quelqu’un pour le prendre personnellement, croire que je chercher à l’éviter… Mais non ! Je chercher à me retrouver ! Rien à voir !

Après environ deux ans de cohabitation plus ou moins (plutôt moins) heureuse, je suis contente de réapprendre à faire ces choses qui comptaient tant pour moi, et qui font que je me vis mieux. Lorsque j’habitais sur Paris, combien de fois ne me suis-je pas offert une glace, un dîner ou simplement un bouteille de soda, pour ensuite, selon l’humeur (et l’heure) flâner au Luxembourg sur une chaise qui glace les fesses, un livre sous le bras qu’on ne lira qu’à peine, ou au contraire aller se mettre devant un épisode qu’on aime ou qu’on voulait découvrir depuis longtemps. Prendre du temps pour soi ! La semaine passée, j’ai déballé des cartons qui encombraient le passage (je manque de meubles), et casé des babioles dans les coins. Soulever des cartons, redécouvrir mes trésors ou des calepins que je croyais perdus… j’ai passé une matinée formidable à prendre soin de mon chez moi. Depuis, j’ai gagné 2 m² au sol, j’ai dégagé le devant du placard, et je me sens mieux. Je me fais un thé, je fais rouler la petite table sur ses roues bancales, et je savoure le fait de me sentir un peu plus chez moi que la semaine d’avant, et ainsi de suite ! Des moments d’une simplicité enchanteresse dont je ressens le besoin, et qui me font un bien fout. Je le veux maintenant, je veux ma solitude ; je veux ranger ma maison comme si j’époussetais un peu de mon coeur, remettre au jour des objets que je n’utilisais plus depuis un an et qui attendaient que je m’installe, enfin, là où je n’aurais plus peur d’être délogée. Je relis ces vieux cahiers griffonnés qui me tiennent tant à coeur et qui, à travers ce que j’imaginais ou décrivais, me parlent de moi… J’ai besoin de me remettre à jour après une multitude d’erreur système.

Internet sert ma cause : je filtre. Les gens ne sont plus vexés de tomber sur un téléphone éteint et d’entendre mon répondeur pour la énième fois. Internet me sert de firewall social : j’évite les bugs qui m’ont abimée ces derniers temps. Je ne dis pas que je vais laisser la protection au maximum éternellement, simplement pour le moment, c’est no pasaran. Je le ressens comme ça. Personne ne devrait me forcer à faire autrement. Et je crains de finir par considérer comme virus toute personne qui me forcerait la main (quelque chose qui a toujours suscité des réactions allergiques chez moi, mais est exacerbé en cette période de besoin d’indépendance).

Voilà, c’est dit. Je veux juste qu’on me laisse tranquille et pouvoir me recentrer sur ce qui compte : moi. Les autres, on verra après, une fois le reformatage passé, lorsque l’outil sera pleinement opérationnel et pourra à nouveau gérer toutes les petites contrariétés qui viennent immanquablement avec l’installation de nouveaux logiciels.

Et, non, j’irai pas dîner chez toi lundi soir. Merde à la fin.

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