Et ça ne s’arrange pas avec le temps…

22 février 2006 à 1:56

Je me demande si on peut vraiment choisir son mode de vie. On est vraisemblablement obligés de se calquer sur un même modèle de style de vie. Aller au travail, revenir du travail. Been there. Done that. Et puis finalement j’en ai de moins en moins envie. J’ai en tête l’idéal de ceux qui choisissaient de vivre seuls, il y a quelques siècles, et qui pouvaient le faire, tranquillement.

Aujourd’hui c’est simplement impossible si on veut manger. Lorsque les recherches d’emploi ne donnent rien, une journée de plus, je me prends à rêver que je vais me terrer dans une petite maison quelque part loin (pas besoin d’un palace, juste ce que j’ai ici, mais loin de tous), avec pour seul soucis d’aller faire mes courses tous les 30 du mois et de rester seule, au calme, le reste du temps (je cracherais pas sur une connexion internet, faut bien dire, mais bon, pas de gens).

Mais qui peut encore faire ce choix de vie ? Personne n’arrive plus à vivre réellement seul maintenant. On est obligés de voir du monde, on est obligés d’avoir tous le même genre de travail. On est tous obligés de choisir de faire comme tout le monde. Il n’y a plus de vie en solitaire. Les ermites n’ont qu’à ravaler leur besoin de solitude. D’ailleurs de nos jours, est-ce que qui que ce soit arrive à vivre selon ses besoins ? Ceux qui ont besoin de contacts se retrouvent désespérément seuls, ceux qui ont besoin de solitude ne peuvent l’obtenir. Pas étonnant qu’on reporte notre attention sur les possessions matérielles dans ces conditions, ça au moins, on sait comment se fournir.
Il y a des magasins de choses partout, mais pas de magasins de gens (on rapporterait ceux dont on ne veut plus, on ferait du troc pour voir de nouveaux visages, on s’offrirait un nouvel ami pour les grandes occasions…). C’est plus facile. On peut choisir ce qu’on a, pas ceux avec qui on est ou n’est pas.

Est-ce qu’il existe encore des gens qui vivent différemment de la « norme » dans un pays comme la France ? Bien-sûr dans d’autres cultures, j’imagine que ce n’est pas si difficile de ne pas aller travailler en ville tous les jours. Mais en France, tout le monde suit le même modèle, non ? Tout le monde est obligé de s’accomoder de cette façon de vivre.

Et à mesure que le temps passe, le besoin de solitude extrême s’intensifie… jusqu’au point où j’en suis à me demander si chercher un travail ne va pas finalement me réduire à faire une croix sur ma si chère solitude.

Dans le fond, le chômage me permet d’avoir une avance sur tous ceux qui voudraient être seuls mais doivent tous les jours aller au boulot. J’ai de la chance dans mon malheur.

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