Suspendue au téléphone

18 février 2008 à 15:00

Ca fait à peu près un mois (sans doute plus) que Monsieur Patron s’est fait installer une seconde armoire dans son bureau. C’est vrai que les dossiers, il en a des piles partout, ce n’est plus gérable. A plusieurs reprises il nous a suppliées de lui trouver des dossiers suspendus pour classer ses documents.

Tacitement, il a été admis que c’était DOM THOM qui s’en chargeait. Disons que Monsieur Patron précède toujours son rappel d’un « il faudra voir ça avec DOM THOM, pour les dossiers suspendus… » et que j’estime que, puisque je fais tout le reste, elle peut bien s’occuper de ces dossiers suspendus. Ca ne nécessite aucune lecture (puisque la lecture la fait dormir), il n’y a pas besoin de parler (puisqu’elle n’a pas de voix), il n’est pas nécessaire d’avoir vraiment l’air de bosser (en général, ce genre de boulots de classement et de rangement, c’est le truc que n’importe qui peut faire avec le cerveau en mode veille, et personne ne s’en offusque). Bref, une mission idéale (à un détail près, c’est qu’elle n’est pas compatible avec la recherche d’emploi pour les enfants).

D’elle-même, DOM THOM avait accepté cet accord implicite, en disant à plusieurs reprises qu’elle avait voulu aller chercher des dossiers suspendus à la réserve, mais que… et là yavait toujours un truc pour empêcher la démarche d’aboutir. En général, le problème la fait soupirer à fendre l’âme et est expliqué non sans être ponctué de plusieurs « p*tain » ou « fais ch**r ». C’est du DOM THOM, quoi.

On est bien d’accord que ça ne met plusieurs semaines que parce que DOM THOM est en charge de l’affaire.

Monsieur Patron, ce matin, ses dossiers, il en avait jusqu’à la gorge. On a passé 5 bonne minutes à chercher un rapport, oh, bien rangé… mais sous une pile de piles de documents. Ya rien de moins pratique et donc rien de plus énervant que d’avoir quelque chose mais de devoir faire 50 manipulations de déplacement pour y accéder.

Ô comble du bonheur, DOM THOM a pensé d’elle-même à retourner en quête de dossiers suspendus vides, ce matin. « Ah bah, justement, Monsieur Patron m’en a parlé ce matin », fais-je toute réjouie. Avec un peu de chance, ce sera fait ce soir. Et avec encore plus de chance, DOM THOM va passer une partie de sa journée dans la bureau de Monsieur Patron, et je ne serai pas gênée par ses multiples appels persos (qui en ce retour de week end sont très nombreux, me faut-il le préciser).

Mais une fois de plus il y a eu un problème, et DOM THOM n’a pas fait avancer le schmilblick. Elle avait bien quelques dossiers suspendus dans les bras en revenant de la réserve mais 90% du lot ne convenait pas et elle a tout redescendu. Elle a dit qu’elle devait faire du tri dans la réserve (qui n’est pas gérée par nous, donc ce n’est pas notre boulot, mais bon), aussi, mais elle n’y a passé que 10 minutes (le tri a donc peu de chances d’avoir été effectué). Donc il y a fort à parier que rien n’aura avancé d’ici ce soir.

Il faut dire qu’une nouvelle contrariété importune notre DOM THOM : en plus de chercher un boulot pour sa fille (celle qui se saborde toute seule continuellement), et accessoirement pour son fils (il n’a rien résilié sans le faire exprès mais son boulot est un peu trop fatigant, pauvre petit), maintenant elle doit aussi gérer un problème bancaire qui lui fait s’énerver après son banquier. « Il est jamais là, p*tain », grogne-t-elle. On parie qu’il n’a pas envie de prendre son appel, plutôt ?

DOM THOM, tant que tu en es à la recherche d’emploi, tu voudrais pas en trouver pour toi ? Oh, pas besoin de passer des entretiens, chercher à t’occuper professionnellement dans ton poste actuel serait déjà un bon début.

Elle a raté sa vocation, c’est au ministère de l’emploi qu’elle aurait dû bosser. Ou mieux encore, à l’ANPE, pour voir ce que ça fait que de ne pas pouvoir travailler.

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