Where you lead I will follow

27 mai 2015 à 23:44

Anette élève seule sa fille de 20 ans, Fanny, et s’en tire plutôt pas mal… jusqu’à ce qu’elle soit virée de son poste dans une cafétéria d’entreprise. Remplacée par une simple et bête machine à café, elle décide donc de devenir sa propre patronne, sauf qu’elle n’a aucune idée de comment s’y prendre, ni même du type de commerce qu’elle pourrait bien gérer toute seule. Par-dessus le marché, Fanny se refuse à lui fournir la moindre aide financière en trouvant un job, ou tout simplement en partageant les charges financières de la maison. Et dans tout cela, aucune des deux n’a encore avoué à l’autre qu’elles ont chacune une relation amoureuse secrète.
Il faudra pourtant bien mettre de l’ordre dans tout ce chaos : les deux femmes apprennent le même jour qu’elles sont enceintes.

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Jusqu’à ce qu’Anette et Fanny passent chacune, de leur côté, le fameux test de grossesse (toujours la même marque dans toutes les séries de la planète, au passage), je me demandais sérieusement si j’allais regarder les épisodes suivants d’Ack Värmland. Mais du moment où elles se sont regardées du coin de l’œil à la pharmacie (achetant, comme par hasard, le même test au même moment), j’ai compris que ça n’allait pas être possible.

Alors, vous me direz, ça signifie que j’ai vécu près d’une vingtaine minute de doute, ce qui signifie que ce pilote n’était pas si mauvais. C’est que le ton de cette comédie suédoise en single camera était dans un premier temps bien réussi. Les dialogues entre les personnages sont en effet à mi-chemin entre l’humour pince-sans-rire et l’aveuglement le plus total, chaque personnage étant en général incapable de penser plus loin que son nombril ; on voit ainsi ces échanges dés l’entretien pendant lequel Anette se fait virer, puis dans ses conversations successives avec sa fille, son amant, mais aussi Fanny avec son propre copain, et on a systématiquement cette impression que les personnages ne comprennent pas les sous-entendus les uns des autres. Que ce soit voulu ou non, ça donne des résultats très drôles, comme quand Fanny demande à sa mère :
« C’est quoi, le plus long retard de règles que tu aies eu ?
– C’était quand j’étais enceinte de toi… En fait, c’est vrai que j’ai aussi un peu retard ».
…Et aucune ne réagit à ce que l’autre vient de dire ! Ni Anette ni Fanny n’ont percuté que deux informations capitales viennent d’être échangées, et l’humour d’Ack Värmland repose sur ce type d’incongruités. Ce n’est pas forcément hilarant à s’en taper sur les cuisses, mais ça donne un univers un brin décalé, juste un peu, et ça suffit à passer un moment plaisant.

Les seuls passages de l’épisode ouvertement humoristiques tournent autour du couple de voisins qui passe sa vie dans le jardin, à épier la vie sexuelle d’Anette par tous les moyens possibles, y compris en suivant sur les réseaux sociaux l’amant d’Anette pour juger des possibilités de s’envoyer en l’air du couple. Et tout ça avec des commentaires hilarants, bien que servis avec le plus grand sérieux, presque comme s’ils étaient des anthropologues.

En dépit d’une intrigue épatante d’originalité, cette tonalité et ces touches d’humour fonctionnaient donc plutôt bien. Mais quand il s’est avéré qu’Anette et Fanny étaient vraiment toutes les deux enceintes, j’ai été très déçue. Ai-je vraiment envie de voir ce que Gilmore Girls aurait donné dans the darkest timeline ? Contre toute attente, pas vraiment. Et les histoires de grossesses qui viennent tout gâcher dans les plans des gens, franchement je n’en peux plus. Encore, je peux comprendre que les personnages de Cockroaches ne puissent faire autrement, mais je crois qu’on a aujourd’hui la possibilité de ne pas faire vivre à des personnages des évènements qui sont facilement contournables. Nous avons la technologie ! Ça semble vraiment forcé de mettre dans l’embarras des personnages (surtout, ici, une mère et une fille) juste parce qu’on manque d’imagination. Il devrait être possible de faire mieux que ça.

Bref, si dans l’ensemble le premier épisode d’Ack Värmland m’a bien plu, pour une fois c’est le potentiel du reste de la série qui me donne de gros doutes. Et j’avoue n’avoir pas trop envie de vérifier si cette histoire de mère et de fille enceintes au même moment va bien tourner, parce que même si je me trompe, à côté de quoi je peux bien passer avec une intrigue comme celle-là, hm ? C’est ce que je me dis aussi.
Dommage, ç’aurait été l’occasion de revoir Lotta Tejle avant le retour de 30° i Februari l’an prochain (elle incarne l’un des voisins). Mais bon, au pire, je me referai la saison… Tiens, d’ailleurs ça me donne une idée !

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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