Winner-loser effect

27 avril 2017 à 16:00

Le Marathon Comédies de Séries Mania est devenu le moment incontournable du festival pour découvrir les séries comiques de demain ; cette année, d’autres séries misant pour tout ou partie sur l’humour avaient su trouver leur place dans la programmation (c’était le cas de Downward Dog, The Marvelous Mrs. Maisel, et même dans une certaine mesure Juda pendant les jours précédents), mais rien encore qui ne nous parvienne du Royaume-Uni. White Gold s’apprêtait à arranger ça.

Pour pleinement apprécier White Gold, toutefois, il faut apprécier les comédies « nostalgiques » dont l’essentiel de l’humour repose sur le contraste entre l’époque à laquelle vit le spectateur, et celle à laquelle se déroule la série. Dans le cas de White Gold il faut donc partir du principe que tout ce qui se déroule dans les années 80 est forcément un peu plus ridicule qu’aujourd’hui…

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Vincent Swan est un pauvre type qui aime à se vanter d’être un connard. Un connard, oui : mais qui réussit. Grâce à l’explosion de la demande pour les fenêtre en PVC, il se fait une petite fortune sur le dos de pauvres victimes qui, grâce aux initiatives de Margaret Thatcher, viennent de devenir propriétaires en rachetant leur logement HLM.
Voilà, White Gold se limite à ça, en fait. A longueur d’épisode, ce salopard de Vincent Swan va se vanter auprès du spectateur de toutes ses petites techniques pas très propres pour gonfler ses profits, et c’est à peu près tout. Parce que Vincent Swan n’est que vantardise et poudre aux yeux, il ne se passe pas grand’chose d’autre…

De par sa destruction constante du quatrième mur pour asséner quelque sarcasme au spectateur, White Gold ne peut qu’évoquer les pratiques de House of Lies. En théorie je devrais être ravie, étant donné que je fais partie des 7,12 personnes au monde à regretter que cette série se soit achevée, mais dans la pratique ça n’a rien d’excitant. Là où House of Lies essayait au moins de dépeindre un système pourri, White Gold s’enorgueillit uniquement de présenter un personnage sans foi ni loi, mais dont l’existence n’a pas vraiment de portée systémique. Bien-sûr, des Vincent Swan, il en existe des tonnes (en 1983 comme en 2017), mais que dit White Gold sur le fond ? Rien. Il n’y a pas de critique dans White Gold, réussie ou non. Juste le portrait d’un connard avec des techniques de vente de connard et un sourire de connard. Vous voulez vraiment faire toute une saison là-dessus ?

En dépit de quelques répliques parfois bien trouvées (genre « un VRP c’est comme un vampire, une fois que vous l’avez laissé rentrer vous ne pouvez plus vous en débarrasser »), White Gold est comme son personnage principal : tout dans les apparences, rien sur le fond. Il ne suffit pas toujours de mettre en scène un auto-proclamé winner pour réussir une comédie.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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