Fée blesse

22 janvier 2021 à 23:20

C’est une chose que toute la planète ait à subir une vague intensive d’adaptations, remakes et reboots de tous poils pour que les diffuseurs et plateformes arrivent à fourguer du « contenu » par camions entiers. Mais ne devrait-il pas y avoir une limite, à un moment, quant à la façon dont c’est fait ? En particulier, où s’arrêtera donc la folie du « gritty reboot » ? Est-ce que vous arrivez à croire que la série d’animation italienne Winx Club a maintenant une version live action qui ressemble à ça ?

Parfaitement. 

On est passé de ça…

…à ça.

Alors bon. Loin de moi l’idée de contester qu’il y avait des um, disons, imperfections (oui voilà, disons ça) avec l’original, surtout si l’on considère que la version animée est principalement destinée aux fillettes… quel genre de complexe a-t-elle pu donner à une génération de gamine ? Sûrement de quoi payer la villa en Toscane de centaine de milliers de nutritionnistes. Et d’ailleurs sur ce point, Fate: The Winx Saga est d’ailleurs semi-attentive.
Mais sur le reste, c’est le gros plantage.

Déjà parce que, pardon, mais il n’y a que des clichés dans cette version : une adolescente ne connaissant rien à la magie est balancée du jour au lendemain dans une école pour fées, appelée Alfea. Evidemment un danger guette, et il va s’avérer (on y est préparés dés ce premier épisode) que cette adolescente doit jouer un rôle important dans la suite des événements.
Par de nombreux aspects, le premier épisode de Fate: The Winx Saga m’a rappelé The Magicians. Avec une différence majeure cependant : avec un grand nombre d’ingrédients similaires, la série de SyFy était capable de mettre en place un univers où ces clichés étaient présentés pour mieux être détournés, employant les codes du genre pour mieux en montrer l’aspect pervers ou jouer avec les espoirs de son public… Hélas, dans Fate: The Winx Saga, ils sont repris au premier degré, sans une once de recul.
De tous les choix faits par cette adaptation (et comme vous le savez en me lisant, une adaptation c’est toujours une question de choix), pourquoi faire celui-là ? Le choix du moindre effort n’est jamais le bon. Si l’idée est réellement de proposer une série pour les adolescents et jeunes adultes (partant probablement du principe que les fans de la première heure du Winx Club sont aujourd’hui dans cette tranche d’âge), pourquoi ne pas faire preuve d’un peu d’ambition, même minimale ?
Et encore, on n’a pas encore abordé le problème de whitewashing de deux des personnages.

Ce qui accable Fate: The Winx Saga, c’est que la grande époque de la fiction fantastique YA est quand même, pour l’essentiel, derrière nous. Pour le meilleur comme pour le pire, ces sagas cinématographiques ou télévisuelles commencent à dater d’il y a plusieurs années, voire une bonne décennie. Cela ne veut pas dire qu’il n’est plus possible de créer des fictions répondant à ces codes, mais force est de constater que passer après le gros du peloton ne fait que souligner le manque de finesse dans la conception de Fate: The Winx Saga.
Je veux bien que le public adolescent ne soit pas toujours très regardant (quoique, bon, le goût de la fiction bien faite, ça se cultive), mais n’est-ce pas un peu sous-estimer sa tolérance à regarder, encore et encore, la même histoire se répéter de série en série ?
A ce compte-là autant se farcir Pandora. Parfaitement, je passe aux insultes.

On ne pourra pas m’accuser d’être une nostalgique de la série d’origine. Je suis bien trop vieille pour l’avoir regardée. Mais si justement Fate: The Winx Saga n’est pas capable de plaire aux puristes, ni se faire de nouveaux fans avec son intrigue toute pétée, j’avoue que je ne sais pas trop à qui elle est destinée. La question se pose sincèrement de savoir si cette série existe pour une autre raison que les royalties de son créateur.


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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

5 commentaires

  1. Tiadeets dit :

    J’adorais le dessin animé gamine, j’étais dans le public cible, j’ai fait lever ma mère à 7h30 un dimanche pendant les vacances pour pouvoir regarder les nouveaux épisodes qui sortaient et très clairement de tout ce que j’ai vu, cette adaptation n’a rien compris au film (enfin au dessin animé). Ton article ne me rassure pas. Ça a l’air tellement nul que je n’ai même pas envie de hatewatcher (il faudrait qu’on trouve un mot valise en français) la série.
    On n’avait pas besoin d’un gritty reboot, on n’avait pas besoin du whitewashing, on n’avait pas besoin de leurs fringues toutes pétées alors que le dessin animé était centré sur des personnages super bien habillés et qui brillaient de partout.
    Bref, ça sera sans moi.

  2. Merci pour cette analyse bien étudiée. Je pense que je vais aussi me passer de la saga. Les reboots, on aura beau dire, ça reste au moins aussi risqué qu’un scénario original.

  3. Mila dit :

    J’avais déjà lu cet article sans le commenter (pardon ;; j’ai fait pareil pour quelques autres, dont celui sur Birthcare Center, j’ai pas été sage ces derniers temps ;;) et il ne donne vraiment, vraiment pas envie. de base, je n’ai jamais regardé la série originale donc ce n’est pas une question d’y être attachée mais je suis assez fatiguée des « gritty reboots » également. Bon ça m’empêchera pas de jeter un oeil à ceux qui m’intéressent, mais en voyant les images du reboot et les comparant à l’original, j’admets avoir roulé des yeux (même si, oui, comme tu le soulignes, l’original a également ses soucis)

  4. Mila dit :

    Ha, je retourne sur twitter avant d’aller me coucher et je tombe sur: https://twitter.com/IGN/status/1359216540416151561
    :’D

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