Beta go !

5 mai 2012 à 17:07

Dans cette affaire de Black March, je vous avoue que ma plus grosse frustration, ça a été en réalité le mois d’avril. Il fallait « rattraper » tout un tas de séries, sauf qu’entre mes besoins de pilotovore, mes préparations de podcast pour le SeriesLive Show, ma nature toujours un peu volage, et la saison qui ne se mettait pas en pause pour me laisser le temps de retomber sur mes pieds, ça m’a demandé un effort insoupçonné. Résultat, j’ai fait preuve pas mal de rigueur et d’organisation, et surtout, je me suis forcée à établir des priorités. Tout un tas de qualités par lesquelles je ne brille pas spécialement d’ordinaire.
Lentement mais sûrement, j’ai remonté ma liste de séries à rattraper, et à chaque fois que j’en cochais une et abordais la suivante, je me maudissais de l’avoir laissée en plan. C’est vraiment pas une sensation que je souhaite à quelqu’un d’autre, cette impression que tout devrait être prioritaire et que ça ne l’a pas été.

Alors ça y est, j’ai rattrapé Outland, une série australienne gay et geek dont vous vous rappelez peut-être que je vous ai parlé du pilote. Si ma review était alors mitigée, je suis obligée de reconnaître qu’en 6 épisodes, la série m’est devenue très sympathique, et que je me suis mise à vraiment apprécier la compagnie des personnages.

Et c’est son plus grand défaut, en réalité. Car la première (et, au vu des audiences, vraisemblablement dernière) saison d’Outland n’est pas tant fondée sur la comédie que sur l’exposition de ses personnages, qu’on apprend à apprécier juste à temps pour en être séparés. Si Outland ne me paraissait pas hilarante dans le pilote, c’est parce qu’elle n’est, en réalité, pas vraiment destinée à vous faire rire à intervalles réguliers, mais simplement à développer ses personnages dans une situation parfois un peu extravagante, mais jamais à proprement parler comique. C’est vraiment son principe de base, et il se matérialise sous la forme d’une formule à la fois simple et intelligente : à chaque épisode, le club de geeks se retrouve dans l’appartement d’un de ses membres. On ne les voit jamais vraiment profiter de leur activité (qui consiste en général à regarder un DVD ensemble), mais uniquement arriver dans l’univers de ce membre, et faire plus ample connaissance avec lui à travers le milieu dans lequel il vit. Vous le voyez, c’est donc bel et bien l’approfondissement du personnage qui prime sur les intrigues et les gags.
En fait Outland est probablement mal vendue si on dit d’elle qu’elle est une comédie. Dramédie serait probablement plus juste, et encore.

Mais cette façon de mettre en avant les personnages et de les exposer pendant chacun un épisode de la série est, une fois qu’on a compris que c’était le principe, parfaitement réussie. Cela se traduit d’ailleurs par un effort appréciable de travailler énormément sur les décors choisis (je crois que tout le budget de la série est passé dedans), et le résultat, vous le voyez dans les captures ci-dessus, donne un travail très abouti où chaque personnage a un univers bien à lui. Plus qu’une volonté de décorer à la perfection les décors changeants (ce qui, comme vous le savez, aurait pu suffire à me ravir), cela met en valeur les personnalités des protagonistes de la série, et les mini-intrigues de l’épisode n’en deviennent que plus appréciables. Chaque épisode de découverte de l’univers du personnage du jour devient une rencontre, toujours un peu fantasque de par les évènements, mais vraiment touchante, dans le fond.

Cependant, le vrai atout d’Outland (et la série le saisit assez bien de par l’intrigue en fil rouge de ses trois derniers épisodes), c’est le personnage de Toby. Je le trouvais attachant dans le pilote, mais je n’avais rien vu. C’est certainement le personnage le plus adorrrable de l’histoire de la télévision. Constamment émouvant, Toby est une véritable force vive de la série, et du groupe aussi même s’ils ne s’en rendent pas compte ; pour toutes ces raisons, son épisode (l’avant-dernier de la série) est le plus réussi. Je vous mets au défi de ne pas craquer totalement pour son personnages qui tient à la fois du chaton duveteux et de la licorne.

Mais ? Au fait ? S’il n’y a que 5 personnages, et un épisode par personnage, que se passe-t-il dans le 6e épisode ? Eh bien c’est là qu’Outland prend son envol et en finit avec l’exposition. Nous montrant à la fois une conclusion solide de ce que la série a très bien construit, jalon après jalon, et ouvrant la porte à ce qui devrait en réalité être le début des intrigues à proprement parler, cet épisode aurait été le parfait lancement d’une seconde saison plus feuilletonnante. Hélas, il n’y aura probablement pas de seconde saison.
Comme je vous le disais, c’est quand on commence à vraiment aimer les personnages, individuellement et ensemble, qu’Outland tire sa révérence. Mais si ça ne vous fait rien de prendre méchamment les protagonistes en sympathie pour mieux leur faire vos adieux, alors je recommande cette série qui, jusqu’au bout, n’aura vraiment pas été comme les autres.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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