Back with a vengeance

14 août 2015 à 12:00

Alors que Falling Skies est revenue pour une saison finale sur TNT, je me suis dit qu’il était grand temps de parler des saisons antérieures, vu que je n’avais reviewé en détail que la première. Si vous avez besoin de vous rafraîchir la mémoire, et je ne vous blâme pas, la critique de la saison 1 est ici, et nous passons donc à la saison 2. L’idée ? Accompagner la diffusion ultime de Falling Skies pour ses dernières semaines d’existence.

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En matière de review, cette deuxième saison me rend la tâche facile : c’est simple, la moitié du temps, c’est la même chose que pendant la saison inaugurale. A la fin de celle-ci, Tom Mason avait suivi les aliens (les « fishfaces ») dans leur vaisseau, ce qui semblait faire avancer très rapidement l’intrigue voire carrément tout changer pour le futur… eh bien pas de soucis, on revient au statu quo lorsqu’il en ressort, trois mois plus tard, en n’ayant rien appris, rien accompli, rien fait.
Pendant pas moins de 5 épisodes (sur une saison qui en compte 10 !), on va ainsi repartir dans la dynamique des attaques successives des Skitters poussant le 2nd Mass à se déplacer géographiquement, sans obtenir quoi que ce soit sur le fond. La plupart de ces épisodes ne sont pas loin d’être formulaic : crise-discussions-bataille (généralement suivie d’un repli).

Pour ça, Falling Skies a une super méthode : dés qu’une nouvelle donnée est introduite, elle est copieusement ignorée.
Alors qu’on sait depuis la saison 1 que les Skitters sont des créatures dotées d’un harnais comme les enfants humains, toujours personne ne s’est posé, ne serait-ce qu’en passant, la question de savoir s’il était éthique, ou non, de leur tirer dessus. Mais alors, personne. En fait pour moi il y avait une grosse incompréhension de départ : je pensais que tous les Skitters étaient forcément des ex-enfants, ce qui rendait la lutte d’autant plus tragique ; Falling Skies, visiblement très sûre de sa mythologie, n’explicite qu’en saison 2 que ce n’est pas le cas, mais dans l’intervalle personne n’a eu l’idée d’y réfléchir deux secondes. Et dans tous les cas, les implications sont copieusement ignorées.
De la même façon, on découvre à la mi-saison (hallelujah) qu’il existe une résistance parmi les Skitters, mais là encore aussi bien Mason que le capitaine Weaver refusent d’y accorder une seconde de réflexion pendant plusieurs épisodes, alors que l’information est absolument capitale pour l’évolution de la guerre (sans même parler de l’impératif narratif de faire progresser l’histoire).
Ou encore, on sait depuis la bataille finale de la saison 1 que Ben, le fils de Mason, peut percevoir les signaux de communication des Skitters et des Mechs, ce qui n’est plus jamais utilisé par la suite, et que Ben déploie énormément d’efforts dans la saison 2 pour… camoufler aux autres humains. Mais comme tout le monde a la mémoire courte dans Falling Skies, c’est pas grave !

Plutôt que d’introduire des éléments d’intrigue ayant vocation à faire évoluer la série, Falling Skies préfère introduire de nouvelles données mythologiques. La nuance est fine, mais elle existe. La saison 2 nous familiarisera ainsi avec : des vers en métal servant d’espions, des cloportes robotiques évoquant les Réplicateurs de Stargate, et finalement, dans les dernières minutes du season finale, une nouvelle race extra-terrestre.

A cause de tout cela, Falling Skies est parfois lassante, car quand on réfléchit une seconde aux éléments mis en place, ils sont intéressants, parfois même plus. Bien-sûr, la série fait tout son possible pour ne pas pouvoir exploiter ces filons (le simple fait que les Skitters, même rebelles, soient incapables de parler aux humains sans passer par un enfant débarrassé de harnais pose forcément de gros problèmes pour collaborer de façon permanente), mais il y a quand même de bonnes choses, des ingrédients qui pourraient poser des jalons intéressants pour la suite. Même si, de vous à moi, poser des jalons alors qu’on est en saison 2 revient quand même à abuser de la patience du spectateur.

Sur la fin de la saison, les choses s’arrangent enfin, avec la découverte de l’existence d’une société humaine souterraine à Charleston. L’arrivée de questionnements pseudo-politiques n’est pas forcément le bienvenu dans l’ambiance très guerrière de la série, mais cela permet de sortir du cycle habituel, de poser de nouveaux enjeux, de changer d’horizon. Cela donne aussi un peu de place à la question des Skitters résistants, et ça c’est le bien, pour court que ce soit.
Encore une fois, la saison se finit sur une dernière image saisissante, qui nous fait penser que tout va changer mais… on nous a déjà chanté cette chanson. Prudence, donc.

Alors pourquoi continuer à regarder Falling Skies ? Parce qu’elle est meilleure série de guerre que série de SF. Et que votre serviteur a toujours un faible pour les séries mettant en avant des soldats, fussent-ils de fortune, menant une guerre avec pertes et fracas.
En travaillant un peu mieux sur son ambiance, cette nouvelle saison de Falling Skies parvient à rendre très bien l’atmosphère de peur, de découragement, et de désolation que j’apprécie tant. Car une série de guerre où chaque bataille est facile n’a aucun intérêt, bien-sûr : c’est à la condition que l’épuisement gagne, que les problèmes à gérer se multiplient, et que la fatigue nerveuse fasse vaciller les consciences, que ces fictions fonctionnent. Comme Falling Skies peut difficilement aborder le thème récurrent dans les fictions de guerre du « à quoi bon ? », puisque la guerre est une nécessité pour toute la race humaine, elle a l’opportunité d’explorer la psyché des combattants différemment, et à cela, elle est plutôt bonne, il faut le dire. La série met bien-sûr un héros un peu trop parfait en son centre, l’indéboulonnable Tom Mason, mais autour de lui, ses rangs sont peuplés de gens qui expérimentent toutes sortes de traumatismes liés à la guerre, et qui tentent d’y survivre, au propre comme au figuré, avec les moyens du bord.
Dans cette optique, les histoires de romance, par exemple, qui pourtant comptent parmi les trucs qui m’intéressent le moins au monde avec la fabrication du pâté de campagne et le cours du Dow Jones, n’apparaissent pas, ou plus, ou disons : moins qu’en saison 1, comme du remplissage soapesque. Ce sont de vrais enjeux sur la nécessité de conserver quelque chose d’humain au milieu de la guerre, et cet angle fonctionne plutôt bien. Au point que j’ai suivi les hésitations de Maggie et Hal, ou Tom et Anne, sans trop de lassitude, ce qui venant de moi relève du surnaturel !

Alors au final, cette saison 2 m’a appris une chose : regarder Falling Skies parce qu’elle est une série de science-fiction est ma plus grosse erreur. Ce n’est pas son objet, et c’est la raison pour laquelle sa mythologie est si faiblarde par moments, ou simplement inexploitée.
Et quand on a compris ça, eh bien, pardon, mais c’est une vraiment bonne série de guerre avec de la SF. Tout est dans la nuance !

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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