Réchauffée

17 janvier 2022 à 20:22

A une époque qui semble pas si lointaine, TV Land avait plein de séries originales. Aujourd’hui ? Plus aucune, depuis la fin de Teachers en 2019. La politique de commande de fictions de la chaîne aura duré moins d’une décennie avant de revenir aux rediffusions, son cœur de métier. C’est d’ailleurs loin d’être la seule dans ce cas, plusieurs des chaînes qui s’engoufraient dans la brèche de la Peak TV et qui en sont aujourd’hui revenues au pas de course.
Dans le cas de TV Land, ce qui rend les choses un peu tristes, c’est que la chaîne avait son propre style (quelque chose dont bien des plateformes très actives dans le domaine de la commande originale ne peuvent certainement pas se vanter, vu que leur politique est au contraire d’essayer de plaire à chaque niche d’audience imaginable), quand bien même il ne s’appliquait pas à absolument toutes ses séries. Reste que, pendant un moment, il y a eu une « recette » TV Land : des gloires du sitcom réunies dans des sitcoms aussi classiques que possible sur la forme. Happily Divorced (évidemment), Retired at 35, The Exes, et dans une moindre mesure Jennifer Falls (celle-ci était en single camera) rentraient toutes dans ce moule.

Un moule inventé par Hot in Cleveland, la première série scriptée de TV Land, en 2010. Malgré ma réaction un peu tiède au moment de sa sortie, j’ai eu envie de revoir le premier épisode aujourd’hui, parce que c’est l’anniversaire de Betty White et que, pour des raisons étranges qu’on n’élucidera jamais complètement, il y a des décès d’inconnues qui frappent quand même.

D’ailleurs j’avais oublié que dans le pilote de Hot in Cleveland, la protagoniste jouée par Betty White apparaît très tardivement. L’épisode introduit surtout les trois autres femmes de la série, ainsi que la situation de départ : Melanie, Victoria et Joy sont trois femmes ayant atteint le milieu de leur vie, et qui plaquent tout ce qu’elles connaissent à Los Angeles pour aller s’installer dans ce qui équivaut pour elles au trou du cul du monde, Cleveland dans l’Ohio.
A la base, ce n’était absolument pas prévu : les trois amies avaient au contraire commencé un voyage vers Paris, pour des vacances entre copines inoubliables. Ou plutôt, pour faire oublier à Melanie à quel point son divorce était difficile ; sauf que l’avion rencontre des problèmes en vol, et atterrit en urgence à Cleveland. Et là, c’est le choc culturel : dans l’Ohio, elles sont populaires auprès des hommes ! Après un safari en ville, pendant lequel elles s’émerveillent de chaque différence avec leur vie à Los Angeles, les trois amies rencontrent des hommes de leur âge qui les invitent à prendre un verre. Melanie, déprimée par son divorce et plus encore par le fait que dans l’avion pour Paris, elle avait rencontré son ex-mari (…et la fiancée de celui-ci), décide de louer une maison en ville et s’installer là. Un peu fou ? Oui. Mais rapidement Victoria et Joy réalisent qu’elles veulent rester aussi.
Or, la maison est louée en incluant une employée de 80 ans, Elka. Naturellement elle va plutôt devenir une quatrième comparse.

A l’époque de mon premier visionnage, je n’avais pas écrit de review au sujet de Hot in Cleveland (la seule trace que je trouve dans mes notes étant cette brève mention ici ; à l’époque je mettais encore des génériques en téléchargement), mais j’en avais gardé une opinion négligeable. Ce n’était pas mauvais (ou disons, moins mauvais que je le pensais), mais ce n’était pas non plus ma came. Je n’y étais plus revenue depuis.
Pourtant… en regardant le premier épisode à nouveau aujourd’hui (puis le deuxième, que je n’avais jamais vu) (puis le troisième) (pour l’instant je me suis arrêtée au quatrième) je m’aperçois que je souris, un peu. Hot in Cleveland partage certaines des qualités que je louais dans ma review de Happily Divorced, et qui font certainement partie de ces caractéristiques que TV Land recherchait pendant sa brève incursion dans le domaine des séries originales. Les protagonistes sont plutôt âgées (probablement pour coller à l’âge perçu du public de la chaîne), mais elles sont encore sexuellement actives et ne s’en cachent pas. Le franc-parler de la série à cet égard s’applique à d’autres aspects de la vie après un certain âge, quand on a eu une vie déjà bien remplie, mais qu’on ressent le besoin impérieux d’en vivre plus. Il y a quelque chose de joyeux dans cet épisode, qui perpétue, et c’est bien naturel, directement l’héritage de The Golden Girls, et sa relation au temps qui passe.

Peut-être est-ce mon état vulnérable chaque fois que je vois le visage de Betty White depuis un peu plus de deux semaines (chose que Youtube a bien comprise : mes recommandations y ressemblent à sa page IMDb). Peut-être est-ce le fait que les goûts télévisuels évoluent (et heureusement). Peut-être est-ce l’approche de mon propre anniversaire dans quelques jours (the big 4-0, qui plus est). Ou d’autres facteurs plus ou moins conscients, sur lesquels je n’ai pas encore mis le doigt.
Mais j’ai passé une partie de ma journée du côté de chez Hunnyhaha, et je ne regrette rien.

A part, oui, si, vous savez… qu’on vive dans un monde sans Betty White.


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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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