Dr. Feelbad

26 septembre 2016 à 17:08

Des études scientifiques ont prouvé que sur l’ensemble des séries qui mettent en scène des personnages citadins exilés à la campagne, 71,2% se déroulent dans un contexte médical.
…Bon, ok, ya pas d’étude scientifique, mais avouez que ça semble totalement plausible ! On ne compte plus les médecins qui se retrouvent dans un cabinet à Perpète-les-Oies, où évidemment il leur faudra un temps d’adaptation. Heureusement, au final, leurs capacités immenses vont leur permettre d’accomplir bien plus que s’ils étaient restés bien au chaud dans une grande ville ; l’expérience leur permettra aussi de (re)trouver un peu d’humilité et, voyons, quoi d’autre ? Ah oui : le grand amour. On l’a tous déjà vu 712 fois, mais ça ne veut pas dire que ça va arrêter qui que ce soit souhaitant produire une énième série sur la question.

L’histoire de Doctor Doctor va vous surprendre (ou pas) : un chirurgien à succès est envoyé pour un an dans une petite clinique de province, où il va devoir pratiquer la médecine générale. Cette clinique se trouve dans son patelin natal, où il va donc devoir se confronter à la famille qu’il a fuie il y a des années. Sur place, il va faire la rencontre du personnel médical, lier des amitiés, des inimitiés, et sûrement avoir des affaires de cœur, tant qu’on y est. Mais il va aussi apprendre à se confronter à ses travers, et peut-être réviser sa copie.
Croyez-le ou pas, pour parvenir à imaginer l’univers de Doctor Doctor, qui vient de démarrer en ce mois de septembre en Australie, il aura fallu que pas moins de 4 cerveaux travaillent ensemble : Tony McNamara, Ian Collie, Alan Harris, et l’actrice Claudia Karvan (qui est également à la tête du conseil d’administration de Screen Australia, l’organisme public qui finance des séries australiennes… dont Doctor Doctor).

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Tout au long de son premier épisode, Doctor Doctor insiste pour cocher toutes les cases possibles et imaginables.

Le héros de la série, le Dr Hugh Knight, est incarné par Rodger Corser qui, comme à son habitude, passe plus de temps à cabotiner qu’à jouer ; Hugh est un jouisseur qui est sûrement très doué avec un scalpel, mais qui pue l’arrogance à plein nez. Ce qui ne serait pas spécialement étonnant pour un chirurgien, s’il ne commettait pas aussi l’erreur d’être méprisant avec certains administrateurs de l’hôpital et, surtout, s’il n’avait pas une nette tendance à l’excès de drogue et d’alcool pour décompresser.
Après un ultime incident qui signe son arrêt de mort, ou, disons, celui de son contrat avec l’hôpital, le Dr Knight est dépouillé de la licence lui permettant d’opérer. Assigné à titre probatoire à la clinique de Whyhope, la bourgade où il a grandi (…et qui a un si charmant nom), il doit désormais y servir comme « simple » généraliste. Sur place, Hugh Knight apprend en outre qu’il sera soumis à des tests d’urine, et que si son comportement pendant un an ne donne pas satisfaction à sa supérieure, toute sa carrière pourrait bien s’arrêter définitivement.
C’est d’une banalité sans nom… mais attendez d’entendre où en sont les histoires personnelles de Hugh, qui se voient relancées par le retour du fils prodigue au bercail : son père et lui ne se parlent plus (pire, le paternel s’entend cent fois mieux avec l’adolescent pour lequel les Knight servent de famille d’accueil), sa mère est une politicienne locale qui ne s’intéresse qu’aux apparences, et son frère… eh bien il a épousé l’ex de Hugh, évidemment. Sinon c’est pas drôle.

Donc voilà, Doctor Doctor promet d’aller farfouiller dans toutes ces petites idées d’intrigues, histoire d’en tirer deux-trois scènes par épisode chacune, tout en soulignant combien la propension à l’excès du Dr Hugh Knight ne s’est pas éteinte juste parce qu’il est arrivé à Whyhope. C’est d’un tel ennui que j’étais presque tentée de regarder un épisode de Bonne nuit les petits après Doctor Doctor pour me réveiller.
Écoutez, c’est la rentrée, ya à peu près 712 séries plus intéressantes à regarder ce mois-ci… alors exceptionnellement je vous dispense d’aller découvrir une série australienne.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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